Des rumeurs sur internet, sans fondements semble-t-il, annonçant la mort du président syrien. Et pourtant, ce n'est pas cela qui a agité l'opposition syrienne ce dimanche. Alors que son chef, Ahmed Moaz al-Khatib annonçait sa démission, mettant en cause l'inaction de la communauté internationale, l'Armée syrienne libre (ASL) refusait de reconnaitre le "Premier ministre" rebelle, Ghassan Hitto, indiquant ne pas avoir participé aux discussions pour le nommer. 

Ahmed Moaz al-Khatib, à la tête de la Coalition nationale, seule organisation reconnue comme le représentant légitime du peule syrien, depuis le mois de novembre, a tenu à justifier sa décision sur sa page Facebook. "Durant ces deux dernières années, nous avons été égorgés par un régime d'une brutalité sans précédent, alors que le monde nous observait. Toutes les destructions des infrastructures, la détention de dizaines de milliers de personnes, l'exil forcé de centaines de milliers d'autres (...) n'ont pas suffi pour que la communauté internationale prenne une décision afin de permettre au peuple de se défendre", plaide l'opposant. Ajoutant qu'une "ligne rouge avait été franchie" et qu'il pourrait oeuvrer avec "liberté" qu'il n'avait pas "dans une organisation officielle". Seul problème la Coalition nationale a annoncé quelques heures plus tard qu'elle refusait sa démission et appelait Khatib à reprendre son travail.

L'armée libre syrienne refuse le nouveau Premier ministre

Qu'elle aboutisse ou non, cette volonté de départ de Khatib aurait été faite en réponse à la nomination d'un Premier ministre, Ghassan Hitto, pour former un gouvernement en vue de gérer les provinces sous contrôle rebelle. Une désignation qui n'est décidément pas du goût de tous, puisque l'Armée syrienne libre, principale composante de la Coalition nationale, a refusé de le reconnaître. "Avec tout notre respect pour Ghassan Hitto", nous ne le reconnaissons pas comme Premier ministre car la Coalition ne l'a pas choisi par consensus", a déclaré à l'AFP, Louaï Moqdad, un responsable de l'ASL. Ghassan Hitto, qui a tout de même effectué une visite officielle dimanche dans la ville d'Alep, a été désigné le 18 mars par 35 voix sur 49 lors d'une conférence à huit-clos réunissant les différents chef de l'opposition syrienne à Istanbul en Turquie.

Plus largement, ces deux rebondissements démontrent la rivalité entre les "parrains" des rebelles, le Qatar et l'Arabie Saoudite qui tentent d'étendre leur influence en cas de prise du pouvoir de la Syrie par l'opposition. Hitto est considéré comme le candidat du Qatar, qui s'appuie sur les Frères musulmans, "qui est opposé à tout compromis avec le régime", explique un politologue syrien, souhaitant garder l'anonymat. Ajoutant que de l'autre côté "l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis souhaitent une solution pour mettre fin à la guerre". Une vision plus proche de celle de Ahmed Moaz al-Khatib, considéré comme un islamiste modéré, qui déclarait ne pouvoir "accepter que ceux qui parlent de négociations soient accusés de trahison".