La situation s'enlise en Syrie où les bombardements sur les quartiers rebelles redoublent d'intensité. Depuis le 16 juin, la ville de Homs située dans le centre du pays est de nouveau sous les feux intensifs des forces gouvernementales, qui mènent également des opérations dans la province de Damas. "Le pilonnage de Homs a repris, des explosions étaient entendues dans plusieurs quartiers de la ville, un des bastions de la contestation où 15 civils ont été tués la veille", a précisé ce lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), faisant état de "1000 familles assiégées" dans cette ville.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a pour sa part affirmé que 30 000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégeaient Homs, avant d'appeler l'Onu à voter une résolution pour contraindre Damas à cesser la répression. Au nord de la capitale, plusieurs localités font l'objet de vastes opérations de l'armée : six civils, dont deux enfants, ont été tués dans de "violents bombardements" alors que des combats nocturnes ont opposé les forces régulières aux rebelles, a indiqué l'OSDH. Par ailleurs, dans la région de Deraa (sud), berceau de la contestation, un civil a péri dans les bombardements nocturnes et un autre civil a succombé sous les tirs des forces de sécurité.
L'Onu condamne
Face à cette recrudescence de violence, le chef des observateurs de l'Onu en Syrie Robert Mood interviendra mardi devant le Conseil de sécurité. Le général norvégien avait annoncé deux jours plus tôt la suspension de la mission des observateurs dans le pays en raison de l'intensification des combats. "Après cette présentation, nous examinerons, avec nos partenaires du Conseil de sécurité les conséquences à en tirer", a déclaré lors d'un point de presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.
De son côté, la haut-commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, Navi Pillay, a accusé Damas de crimes contre l'humanité et demandé que les auteurs des violences soient jugés, y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU. "Le gouvernement de Syrie devrait cesser immédiatement l'utilisation d'armes lourdes et le bombardement de zones habitées, car de telles actions équivalent à des crimes contre l'humanité et autres possibles crimes de guerre", a-t-elle déclaré lors de l'ouverture de la 20e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. "Nous devons aussi faire tout notre possible pour s'assurer que des comptes soient demandés aux auteurs", conclut-elle.
Selon un bilan de l'OSDH, les opérations de répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 3 353 morts depuis le 12 avril. Une date qui correspond à l'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu proposé par le médiateur Kofi Annan que les observateurs étaient censés surveiller. La crise syrienne sera à nouveau au menu du Conseil le 27 juin, avec la mise à jour des activités de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie qui présentera son rapport sur les événements de Houla.
















