Pas plus qu'il n'a (encore ?) convaincu tous ses homologues du G20 de la nécessité de passer à l'action en Syrie pour sanctionner l'utilisation d'armes chimiques, François Hollande ne semble convaincre les Français de la nécessité d'une action et encore moins d'une implication de la France.

Dans un sondage de l'Ifop pour Le Figaro publié samedi 7 septembre alors que les discussions sur la question reprenaient à Vilnius entre les ministres de la Défense et des Affaires étrangères européens, environ deux tiers des personnes interrogées n'y sont pas enclins.

L'opinion hostile à une intervention

A la question "Seriez-vous favorable ou opposé à une intervention militaire internationale en Syrie ?", 64% des sondés répondent par la négative. Une semaine plus tôt, ils n'étaient que 45%. En dépit des efforts franco-américains pour justifier une action après ce qui serait une "violation du droit international" et un "crime contre l'humanité", d'après ce sondage, ils ne sont à l'inverse que 36% à soutenir le projet contre 55% le 29 août.

A gauche, l'idée continue malgré tout de faire son chemin, avec 45% "seulement" des sympathisants opposés à une frappe militaire. A droite, c'est un non franc et massif, à 75% auprès des sondés se disant proches de l'UMP et 77% du côté du Front national.

Et plus encore à l'engagement de la France

En tout état de cause, si une coalition internationale devait finalement prendre forme, les Français sont encore plus opposés au principe d'un engagement militaire de leur pays. C'était déjà le cas, le 29 août, avec à peine 41% des sondés favorables à l'engagement de la France, c'est encore plus vrai d'après ce sondage qui donne 32% d'"interventionnistes".

Parmi les 68% d'opposants, le clivage politique est identique, avec 48% de réponse négative chez les sympathisants de gauche, 76% chez ceux de l'UMP et 83% au FN.

Deux réserves tout de même à ces résultats très tranchés : d'une part, cette enquête a été effectuée entre les 26 et 28 août, avant le débat à l'Assemblée nationale et la séquence du G20, d'autre part, François Hollande ne s'est pas encore adressé directement aux Français sur ce dossier.