Devant le risque d'escalade de la violence en Syrie, Barack Obama se fait menaçant. Le président américain a envisagé pour la première fois un recours à la force, alors que la communauté internationale reste divisée sur l'attitude à adopter. "Jusqu'ici, je n'ai pas donné l'ordre d'intervenir militairement" en Syrie, a-t-il déclaré lundi soir lors d'une conférence de presse. Mais "si nous commencions à voir des quantités d'armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon calcul et mon équation", a-t-il ajouté.
Washington a par ailleurs répété que le président Bachar al-Assad devait quitter le pouvoir. Une position partagée par la France, dont le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, reçoit ce mardi le président du Conseil national syrien, principale force d'opposition.
Echanges de tirs au Liban
Sur le terrain, l'onde de choc du conflit se propage une nouvelle fois au Liban voisin, qui a connu trente ans de domination syrienne. A Tripoli, la grande ville du nord du pays, des échanges de tirs ont éclaté lundi et mardi matin entre le quartier de Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime de Bachar al-Assad, et celui de Jabal Mohsen, quartier alaouite soutenant le chef de l'Etat syrien, issu de cette communauté. Au moins 28 personnes ont été blessées, ont annoncé mardi les services de sécurité et l'armée.
En Syrie, le combats continuent de faire rage. Un mois après le début de la bataille d'Alep, deuxième ville du pays, les rebelles ont porté lundi les combats dans le centre-ville. Un commandant de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils armés) a affirmé que les rebelles avaient "pénétré et pris contrôle" des secteurs d'al-Tilal, Al Maadi et Jdaidé, près du quartier historique. Les forces du régime ont pilonné les villes proches de Marea et Tall Rifaat.
Une journaliste japonaise tuée
Au moins neuf personnes, dont deux femmes et deux enfants, ont été tués ce mardi à l'aube dans des bombardements à Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Lundi, les violences avaient déjà fait au moins 167 morts à travers le pays. 88 civils, 32 rebelles et 47 soldats, en majorité dans la province de Damas, où 26 civils ont péri, selon un décompte de l'OSDH.
Une journaliste japonaise a également trouvé la mort lundi alors qu'elle couvrait les combats à Alep, a indiqué mardi le ministère japonais des Affaires étrangères. Mika Yamamoto, 45 ans, qui travaillait pour une petite agence de presse nippone, Japan Press, se trouvait aux côtés de combattants rebelles quand ils ont croisé "un groupe de soldats en tenue de combat" qui ont tiré, a raconté Kazutaka Sato, autre journaliste présent lors du drame. Mika Yamamoto est le quatrième journaliste étranger tué dans les violences en Syrie depuis mars 2011.
















