En demandant au Congrès de décider de l'intervention militaire des Etats-Unis en Syrie, Barack Obama a écouté son opinion majoritairement hostile à une opération armée. Mais il a pris un gros risque politique. Car le président américain, qui a entamé hier une campagne de lobbying auprès des parlementaires, pourrait voir sa résolution retoquée. "C'est un scénario tout à fait possible", souligne Nicole Bacharan, spécialiste de la politique américaine, interrogée par metronews. Tout dépendra en effet de sa capacité à convaincre l'opposition républicaine.

Depuis le week-end dernier, les médias américains spéculent sur les chances de succès d'Obama, en s'appuyant sur les déclarations de membres du Congrès. Pour le sénateur américain Rand Paul, opposé à une action militaire, il y a ainsi "50% de chances pour que la Chambre des représentants (à majorité républicaine) autorise une intervention américaine en Syrie". Hier, le chef de l'Etat a toutefois reçu un soutien qui pourrait faire pencher la balance, en la personne de John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants.

"Plusieurs politiques considèrent la Syrie comme un piège"

D'autres républicains, comme l'ex-candidat à la présidentielle John Mc Cain, ont assuré Obama de leur soutien. Mais ce n'est pas le cas de tous. "Plusieurs politiques considèrent la Syrie comme un piège. Il n'y a pas de coalition internationale et le coup financier, militaire et politique sera en grande partie à la charge des Etats-Unis", analyse Nicole Bacharan.

En outre, l'opposition tient là une occasion rêvée d'affaiblir un peu plus Obama et les démocrates, un an avant les élections de mi-mandat. Si le démocrate obtient gain de cause, ce ne sera donc vraisemblablement qu'à une faible majorité et grâce de nombreuses tractations. Mardi, le président s'est montré confiant en disant espérer un vote rapide du Congrès. "Mais il faut être prudent", prévient Nicole Bacharan.