Mercredi, jour de l'Indépendance syrienne marquant la fin de la présence française en 1946, Bachar al-Assad a exposé sa vision du conflit qui ravage la Syrie depuis mars 2011. Et prévenu l'Occident, responsable selon le président syrien d'apporter son soutien économique non pas à la rébellion, mais à Al-Qaïda. "L'Occident a déjà payé très cher le fait d'avoir financé à ses débuts Al-Qaïda en Afghanistan. Aujourd'hui il fait la même chose en Syrie, en Libye et dans d'autres endroits et il paiera cher au coeur de l'Europe et des Etats-Unis", a affirmé le président syrien dans une interview d'une heure accordée à la chaîne de télévision officielle Al-Ikhbariya.

Pour Bachar al-Assad, "Al-Qaïda domine en Syrie", et "l'Occident ne sait pas que ce terrorisme se retournera contre lui". Une allusion au soutien accordé par les Etats-Unis aux moudjahidines ayant combattu l'occupation soviétique en Afghanistan dans les années 1980, lesquels se sont retournés contre Washington lors des attentats du 11-Septembre 2001 de triste mémoire. Les Occidentaux "combattent Al-Qaïda au Mali et le soutiennent en Syrie. C'est la politique de deux poids deux mesures", a poursuivi le président syrien en référence à l'intervention militaire française dans le pays africain.

Al-Assad n'écarte pas un troisième mandat

Alors que le mois de mars 2013 a été le plus meurtrier depuis le début de la guerre civile avec plus de 6 000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et que le conflit a, selon les Nations-unies, déjà coûté la vie à quelque 70 000 personnes tout en en déplaçant 2,5 millions, Bachar al-Assad a indiqué que "l'incendie ne s'arrêtera pas à nos frontières". "Tout le monde sait que la Jordanie est aussi exposée que la Syrie", a-t-il dit alors que le secrétaire à la Défense américain, Chuck Hagel, a annoncé un renforcement du dispositif militaire du côté d'Amman, porté à 350 hommes.

Bachar al-Assad a également fait savoir qu'il pourrait se représenter à la présidentielle au terme de son actuel mandat, en 2014, liant son départ à une "décision du peuple". "Nous n'avons pas d'autres options que la victoire, car si nous ne sommes pas victorieux, ce sera la fin de la Syrie", a par ailleurs confié celui qui préside aux destinés du régime de Damas depuis juillet 2000, taclant au passage les membres de l'opposition. "Comment êtes-vous patriote si vous avez fui à l'étranger ? Dans tous les pays du monde, l'opposition est une opposition élue et bénéficie d'une base populaire. Où sont les élections sur lesquelles se base cette opposition-là ?", s'est interrogé le président syrien, avant d'affirmer qu'il ne négocierait pas avec ceux qui ont "encaissé de l'argent pour vendre la patrie" et "ceux qui n'ont pas de base populaire".