• L'événement :

Mercredi 28 août, François Hollande annonce en Conseil des ministres convoquer le Parlement pour une session extraordinaire sur "la situation en Syrie". Le rendez-vous est fixé ce mercredi à 16 heures. Cela vaut donc pour les députés de l'Assemblée nationale et pour les sages du Sénat. Durant ces deux séances publiques, les députés d'un côté et les sénateurs de l'autre feront entendre leurs voix et la position de leurs partis respectifs sur une éventuelle intervention française en Syrie. Il n’y aura pas de vote à l’issue de ce débat, conformément à ce que prévoit la constitution et en dépit des pressions d’une partie de la classe politique. Le Président n'a toutefois pas exclu d'organiser un scrutin au Parlement dans les prochains jours.

  • Qui va parler ?

A l'Assemblée, le Premier ministre Jean-Marc Marc Ayrault sera l'avocat de la position du gouvernement, à savoir une intervention armée. Au Sénat, c'est le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui s'en chargera. Chacun ouvrira simultanément le débat par une intervention. Ce sera ensuite au tour des députés et sénateurs de prendre la parole. Le déroulé de l'Assemblée a déjà été communiqué : Élisabeth Guigou et Patricia Adam, les présidentes des commissions des Affaires étrangères et de la Défense prendront la parole après le Premier ministre. Chaque groupe parlementaire exprimera ensuite sa position officielle. François de Rugy, pour Europe Ecologie-Les Verts, ouvrira les hostilités. Ensuite, Paul Giacobbi s'exprimera au nom des radicaux de gauche (RRDP). Bruno Le Roux interviendra ensuite pour donner la position du groupe socialiste. Christian Jacob défendra ensuite la position de l’UMP et enfin Jean-Louis Borloo pour l’UDI. Chacun dispose d’un temps de parole de 10 minutes.

  • Quelles divisions ?

Les débats risquent d'être houleux. Car à seuls les socialistes (à de rares exceptions près) soutiennent sans condition la position du président. Dans l'opposition, l'UMP a réussi à dégager mardi une position commune, fondée sur la prudence. Une intervention, oui, mais à deux conditions : qu'elle attende la publication du rapport des experts des Nations unies, "pour savoir comment les armes chimiques ont été utilisées, par qui et dans quelles conditions", et qu'elle obtienne un feu vert de l'ONU, a expliqué le chef de file des députés UMP, Christian Jacob. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, l'UMP exigera un vote du Parlement.

Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, avait été l'un des premiers à juger indispensable, en l'absence d'un feu vert de l'ONU, un scrutin au sein du Parlement.

Pour sa part, Marine Le Pen a carrément soupçonné le gouvernement de "construire des preuves" pour justifier une intervention déjà décidée. Mais en l'absence d'un groupe parlementaire, le FN ne s'exprimera pas cependant pas ce mercredi.

A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon comme le Parti communiste, refusent toute intervention qui transformerait Paris en "supplétif" de Washington, et estiment qu'un vote du Parlement devrait aller "de soi".

Dans la majorité, les écologistes, s'ils approuvent le principe d'une intervention, réclament eux aussi l'organisation d'un vote, une position constante de leur part en telle situation. Les radicaux de gauche laissent à François Hollande le soin de décider ou non d'un vote.

  • Quels enjeux ?

Le Président cherche une "réponse appropriée" à l'attaque chimique du 21 août. "Ce crime ne peut rester impuni", a-t-il souligné une nouvelle fois ce mardi, insistant sur sa "détermination" sans faille. Sauf que la classe politique est divisée sur le sujet et que les réfractaires ne vont pas lui faciliter la tâche. Nous sommes bien loin de l’unité qu’a connu l’exécutif pour l’intervention au Mali en mars dernier. En outre, les débats se dérouleront dans une grande incertitude : le président américain Barack Obama, qui était encore la semaine dernière en première ligne pour une intervention, a en effet finalement suspendu l'attaque au feu vert de son Congrès, qui se réunira à partir du 9 septembre.