Une barre tristement symbolique vient d'être dépassée en Syrie. Près de deux ans après le début du conflit entre le régime de Bachar al-Assad et la rébellion, le bilan des réfugiés a franchi le cap du million, soit près de 5% de la population, a annoncé mercredi l'ONU. "Une catastrophe absolue", a aussitôt réagi Antonio Guterres, le chef du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Et le phénomène ne cesse de s'aggraver. Depuis le début de l'année, le nombre de réfugiés fuyant le pays a augmenté "de façon dramatique", note le HCR qui avance le chiffre de 400.000. Plus alarmant encore, près de la moitié de ces réfugiés sont des enfants, en majorité âgés de moins de 11 ans", poursuit l'organisme de l'ONU.

Les civils pris au piège

Le HCR s'inquiète également de l'impact "sévère" de ces flux de population sur les pays d'accueil frontaliers : le Liban, la Jordanie, la Turquie et l'Irak. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider, mais la réponse humanitaire atteint dangereusement ses limites", alerte Antonio Gutteres. En effet, seuls 40% des réfugiés vivent dans des camps, indiquait déjà en décembre l'ONU. Les autres doivent "louer des logements à des particuliers ou vivent au sein de familles d'accueil".

A ce million de réfugiés s'ajoutent plus de 70.000 morts depuis le début de la révolte contre le régime de Damas, selon l'ONU. Pour la seule journée de mardi, les violences ont fait 159 morts, dont 70 rebelles, 47 civils et 42 soldats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Sur le terrain, la situation ne laisse pas présager d'amélioration pour la population. L'armée poursuivait mercredi la pilonnage de Homs, la "capitale de la révolution" assiégée depuis huit mois. Si les autorités contrôlent 80% de la ville, plusieurs quartiers demeurent aux mains des insurgés. Et des centaines de civils sont toujours coincés dans des enclaves rebelles, pris au piège entre deux feux.