Des images de plus en plus crues de la guerre en Syrie circulent sur Internet. Une vidéo a ainsi fait le tour du monde mardi, montrant un homme se présentant comme un rebelle syrien de Homs, ville au centre du pays, mangeant le cœur d'un soldat éviscéré. Ou plus précisément faisant mine de mordre dedans. Une mise en scène macabre que la Coalition de l'opposition a fermement dénoncé, qualifiant l'acte d'"horrible" et d'"inhumain".

Lundi, l'organisation de défense des droits de l'Homme HRW avait appelé la rébellion syrienne à empêcher ses combattants de commettre des atrocités, après la publication de cette vidéo. "La Coalition de l'opposition condamne fermement cet acte, s'il s'avère vrai. La Coalition souligne qu'un tel acte est contraire aux valeurs morales du peuple syrien, de même que les valeurs et les principes de l'Armée syrienne libre (ASL)", principale composante de la rébellion combattant les troupes du régime.

"Nous mangerons vos coeurs et vos foies, soldats de Bachar le chien"

"L'ASL est une armée nationale avant tout", renchérit l'opposition, ajoutant que tout coupable sera jugé. Selon HRW, la vidéo "semble montrer un commandant de la brigade rebelle Omar al-Farouq en train de mutiler le corps d'un combattant pro-régime". Les images qui ont émergé sur YouTube, sans qu'on puisse en confirmer l'authenticité, montrent un homme identifié comme étant un chef rebelle, Abou Sakkar, découpant le coeur et le foie d'un soldat en uniforme. Il profère des insultes contre les alaouites et porte le coeur à sa bouche, avant que la vidéo ne s'interrompe brusquement.

"Nous jurons devant Dieu que nous mangerons vos coeurs et vos foies, soldats de Bachar le chien", dit-il. "Oh héros de Baba Amr, massacrez les alaouites et découpez leur coeur pour le manger". Le président syrien Bachar al-Assad est de confession alaouite, une émanation du chiisme. Ses troupes ont complètement anéanti le quartier de Baba Amr à Homs, un des fiefs des rebelles dans le centre de la Syrie. Cette vidéo se retrouve sous les projecteurs alors que l'opposition syrienne est accusée également d'utiliser des armes chimiques. Dans ce conflit qui oppose rebelles et forces de Bachar al-Assad depuis mars 2011, plus de 80 000 personnes, pour près de la moitié des civils, sont mortes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).