"Sa philippique me choque, c'est comme un coup de poignard dans le dos !" Tels sont les mots employés par Jack Lang pour qualifier la tribune de Martine Aubry critiquant la politique du gouvernement. L'ancien ministre s'est dit choqué par les attaques de la maire de Lille contre l'exécutif, qu'il assimile à "un coup de poignard dans le dos", dans un entretien publié ce dimanche par Le Parisien.

Bien. Mais au fait, c'est quoi précisément une "philippique" ? On a cherché dans le Larousse et il y est écrit ceci : "Discours violent et polémique". Mais si l'on creuse encore, l'Histoire nous en apprend un peu plus.

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Crime de lèse-majesté ?

Il existe une poignée de philippiques célèbres. Les premières d'entre elles sont celles de Démosthène. Entre 351 et 341 av. J.-C., l'orateur athénien prononce sept discours, dans lesquels il dénonce les ambitions de Philippe II de Macédoine (d'où le terme "philippique") et pousse les Athéniens à la révolte. Ensuite vint Cicéron qui, entre 44 et 43 av. J.-C., prononce une série de quatorze discours. Celui-ci s'en prend à l'empereur Marc-Antoine, auquel il reproche ses abus et son autoritarisme. Comme Démosthène, Cicéron encourage le peuple à se révolter contre le pouvoir. Marc-Antoine le condamnera à mort.

Plus tard viendront les philippiques d'Antoine Arnaud contre le roi d'Espagne en 1592. Puis celles du poète Lagrange-Chancel, qui accuse Philippe d'Orléans d'avoir tenté d'empoisonner le jeune Louis XV. Il fut emprisonné pour cela. Enfin, il y eut Noël Parfait et ses philippiques contre Louis-Philippe. Tant de pamphlets dénonçant les excès du pouvoir et attisant la colère des peuples. Il serait peut-être exagéré d'attribuer une telle intention à Martine Aubry...

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