GDF Suez remporte une manche dans le bras de fer sur les tarifs du gaz. Au lendemain de l'annonce du gouvernement de limiter les hausses des prix du gaz et de l'électricité au niveau de l'inflation, soit 2%, le Conseil d'Etat a rendu son avis sur le gel des tarifs qu'avait décrété le gouvernement Fillon à l'automne dernier jugeant qu'une "erreur de droit a été commise".
Une décision en faveur des ménages et des entreprises - touchées quant à elles par une augmentation de 5% -, mais qui s'est traduite, pour l'opérateur d'énergie, par une perte de 300 millions d'euros, a récemment rappelé son PDG Gérard Mestrallet. Une perte dues aux fluctuations des coûts d'approvisionnement en gaz auxquelles est confronté GDF Suez. Selon la formule tarifaire en vigueur fixée un an plus tôt par Bercy, les tarifs du gaz auraient ainsi dû prendre de 8,8 à 10% d'augmentation pour compenser les coûts.
Un rattrapage étalé dans le temps
Si face au litige opposant le gouvernement à GDF Suez, mais également à l'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (ANODE, association de fournisseurs alternatifs comme Altergaz ou Direct Energie), le Conseil d'Etat avait statué en référé dès décembre, limitant l'impact du contentieux au trois derniers mois de l'année, le manque à gagner des acteurs du secteur devra être comblé. Une nouvelle hausse des tarifs à prévoir pour les clients qui pourraient débuter l'hiver avec des tarifs élevés. GDF Suez ayant réclamé vraisemblablement pour juillet une hausse d'au moins 4 à 5%.
"Cela va se traduire par des factures rectificatives pour les clients. Pour les sept millions de foyers chauffés individuellement au gaz, cela devrait entraîner un paiement supplémentaire de 40 euros en moyenne", a expliqué à l'AFP une source porche du dossier.
"Le gouvernement veillera toutefois à ce que les opérateurs mettent tout en oeuvre pour que l'impact social de cette facture différée soit le plus limité possible et le plus étendu dans le temps afin d'être soutenable", a promis la ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Delphine Batho. Une première étape douloureuse avant qu'"une réforme structurelle des tarifs de l'énergie" intervienne, comme le veut le gouvernement.















