Taxer les produits halal pour financer la construction de mosquées ? C'est l'idée de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire Les Républicains. Elle l'a développée dans son livre, "Nous avons changé de monde", et réitéré samedi soir, sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché", sur France 2. Elle propose une "redevance sur la consommation, c’est-à-dire sur les produits qui se déclarent halal. Vous consommez le produit qui a une dimension cultuelle et cet argent va au financement du culte", explique-t-elle. Metronews décrypte cette proposition.

Une idée pas si neuve

L'idée de NKM est donc développée dans son dernier livre "Nous avons changé de monde", publié ces derniers jours. Mais le projet de taxe n'est pas nouveau. Nathalie Kosciusko-Morizet l'avait déjà évoqué en décembre dernier, sur l'antenne de RTL. Avant elle, c'est le nouveau président du Conseil français du culte musulman (CFCM) entré en fonction le 1er juillet, Anouar Kbibech, qui a fait de cette taxe un des principaux points de son programme.

Une taxe, pour quoi faire ?

L'objectif de cette proposition, c'est de lutter contre le financement des mosquées par des pays étrangers, comme le Maroc, l'Arabie saoudite ou encore le Qatar. Le problème se pose notamment lorsque ce sont des Etats qui défendent la vision d'un islam rigoriste, qui ne répond pas aux exigences de la laïcité à la française, qui fournissent ces fonds.  "On voudrait un islam de France autonome et la réalité qui est qu’en fait ça se négocie avec les pays du Maghreb", explique la candidate à la primaire de la droite et du centre. Lors de son passage sur RTL, Nathalie Kosciusko-Morizet rappelait que le marché du halal pèse environ 6 milliards d'euros par an. Elle proposait alors de fixer une taxe de 1%, qui permettrait de récupérer 60 millions d'euros par an.

Une taxe qui pose des problèmes

La proposition de Nathalie Kosciusko-Morizet ne va pas sans soulever des interrogations. Sur le plateau même de l'émissionLéa Salamé a dénoncé une "proposition communautariste". "Vous présupposez que les musulmans mangent halal et qu'ils vont financer les mosquées", a-t-elle lancé à l'élue de droite. Pour NKM, il s'agit de "mettre une taxe sur la consommation, c'est-à-dire sur les produits qui se déclarent halal. C'est comme quand vous avez un label", soutient-elle. Autre question autour de cette taxe, relevée par Yann Moix, elle irait à l’encontre de la loi de 1905 séparant la religion et l'Etat. Pour la candidate à la primaire de la droite et du centre, aucune question à se poser, une telle disposition serait "légale et constitutionnelle".

D'autres pistes ?

Une autre idée est également évoquée par le président du CFCM pour financer la construction des mosquées. Dans un entretien à l'Opinion en janvier 2015, il proposait de faire payer une taxe aux 30 000 musulmans de France, qui partent chaque année faire le pèlerinage de la Mecque. Une taxe de 100 euros rapporterait 3 millions d'euros par an. En échange de ce prélèvement, les conditions de voyage pourraient être garanties, alors que chaque année des drames ont lieu lors du pèlerinage. L'an dernier, plus de 1 000 personnes sont décédées dans une bousculade géante.

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