La mauvaise blague n'aura pas de conséquences. Le tribunal correctionnel d'Avignon a relaxé mercredi la mère de famille et son frère poursuivis pour "apologie de crime" dans l'affaire du tee-shirt du petit Jihad. Les faits remontent au 25 septembre dernier, lorsqu'un garçonnet de 3 ans prénommé Jihad se présente à l'école maternelle de Sorgues (Vaucluse) avec un tee-shirt sur lequel est inscrit : "Je suis une bombe" sur le devant et "Jihad, né le 11 septembre" dans le dos. Un cadeau de son oncle. A ce moment-là, ce dernier, âgé de 29 ans et sa mère, 35 ans, ne mesurent sans doute pas les conséquences de leur acte.

Devant la situation, la directrice de l'école rédige un rapport au service Education de la mairie de Sorgues après avoir reçu la mère de l'enfant. Informé, le maire UMP de la ville Thierry Lagneau décide de saisir le parquet d'Avignon. Une enquête est ouverte, la mère et l'oncle du garçon sont placés en garde à vue.

Une provocation équivoque

Lors de l'audience, le frère et la sœur s'étaient défendus de toute provocation, invoquant une "maladresse". Le ministère public avait, pour sa part, requis leur condamnation en distinguant toutefois la responsabilité de l'oncle, qui avait acheté le vêtement, de celle de sa sœur.

Ce mercredi, le tribunal d'Avignon s'est appuyé sur l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881, qui prévoit que l'apologie de crime doit être non équivoque, pour prononcer la relaxe des deux prévenus.

"J'ai le sentiment que le droit ne rejoint pas la réalité telle qu'elle est perçue par les citoyens", a regretté Thierry Lagneau après le prononcé du jugement. M. Lagneau "a raté son coup, la justice et la loi n'ont pas emboîté le pas à ses manoeuvres politiciennes" en vue des prochaines élections municipales de 2014, a de son côté estimé l'avocat de l'oncle, Me Soliman Makouh.