La vidéo fait polémique depuis hier, lundi 15 février. Immortalisée par les caméras de France 3 Poitou-Charentes, la scène se passe à Poitiers (Vienne), dans le quartier de Beaulieu. On y voit plusieurs dizaines de militants qui protestent contre l'abattage de platanes, réunis derrière des barrières métalliques. Plusieurs policiers sont présents sur place. Soudain, une septuagénaire bouscule une barrière, avant de se faire violemment interpeller par les forces de l'ordre. Des images étonnantes qui ont, depuis 24 heures, étaient visionnées plus de trois millions de fois.

Cette dame de 72 ans s'appelle Katia Lipovoï. Ce mardi après-midi, elle a accepté de revenir auprès de metronews sur son interpellation musclée : " J'étais contre les barrières et d'un coup, l'une d'entre elles est tombée, à ma grande surprise", commence-t-elle. "Je me suis reculée, car ce n'était pas du tout mon intention de passer de l'autre côté. Et à ce moment-là, je me suis sentie agrippée, sans avoir été interpellée verbalement au préalable. Les policiers m'ont sauté dessus. Deux d'entre eux m'ont attrapée. Je leur disais 'mais lâchez-moi !' C'est vrai, je n'aurais peut-être pas dû me débattre, mais c'était instinctif !"

Elle envisage de porter plainte

"Alors, ils m'ont mise à terre et m'ont traînée au sol. Cela fait un drôle d'effet. Sur le coup, je me suis dit que j'allais étouffer, ils avaient les genoux sur moi et m'ont passé les menottes comme à un criminel" poursuit Katia, secrétaire à la chambre de commerce désormais à la retraite. Une fois arrivée au commissariat, la militante écologiste, qui se bat aux côtés  de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) depuis des années, a été auditionnée pendant quatre heures.

"On a voulu me faire signer une déclaration selon laquelle j'avais volontairement agressé un policier. Mais hors de question de signer ça. Ensuite, un policier est venu me voir. Il m'a dit : 'Vous me reconnaissez ? Vous m'avez donné une gifle tout à l'heure'. Presque en rigolant, je lui ai rétorqué : "vous vous en êtes remis ?'" Sur la question de la gifle, Katia Lipovoï se souvient en effet "d'avoir levé la main". Le 18 avril, elle sera convoquée au tribunal pour répondre de ce geste. De son côté, elle envisage sérieusement de déposer plainte à l'encontre des policiers. "C'était une intervention très musclée, je n'en reviens pas" conclut celle qui n'a pas été blessée dans l'interpellation. Interrogée par metronews sur une éventuelle ouverture d'enquête quant aux conditions d'interpellation, le procureur de la République de Poitiers n'a pas souhaité répondre à nos questions. Par ailleurs, selon nos informations, l'IGPN (la police des polices), n'a pas été saisie sur cette affaire.