A Saint-Tropez, les fillettes étaient venues dans l'espoir de faire carrière. Mais au tennis-club des Marres, dans les années quatre-vingt, elles ont trouvé Régis de Camaret. Entraîneur de renom dans la sphère de la petite balle jaune, il deviendra au fil du temps un bourreau pour ces adolescentes.

Vingt ans après, les sévices sexuels qu'il a fait subir à ses élèves sont dévoilés, avant d'être jugés et condamnés en 2012. Verdict : huit ans de prison pour cet homme de 71 ans. Mais il a fait appel de cette décision, qui sera à nouveau étudiée lundi devant la Cour d'appel de Draguignan (Var). Jusqu'au 12 février, 56 témoins différents seront entendus.

Nathalie Tauziat défend de Camaret

En 2005, c'est la plainte de l'une de ses protégées, et non des moindres, qui révèle l'affaire. Isabelle Demongeot, l'ex-numéro 2 de l'équipe de France, affirme avoir été violée par son ancien coach lorsqu'elle était adolescente. Devant les enquêteurs, elle raconte comment l'homme a "broyé sa vie" en perpétrant des "viols monstrueux" durant neuf ans.

S'en suit donc ce procès, pour lequel deux anciennes élèves et victimes, Stéphanie Carrouget et Karine Pomares, se portent parties civiles. "Elle n'avait jamais parlé jusqu'à ce que des gendarmes frappent à sa porte alors qu'elle était enceinte de son deuxième enfant. Seul son compagnon était au courant. Elle était dans le déni ", raconte alors l'avocate de la première concernée. Et même si les faits sont prescrits, vingt-six autres stagiaires sont retrouvées par la police et témoignent des sévices subis ainsi que de leurs profonds traumatismes.

"Ce procès, c'est un deuxième viol"

Parmi toutes ces femmes, une seule sort du bois pour se ranger du côté Régis de Camaret : Nathalie Tauziat. L'ex-numéro 1 française soutient publiquement son mentor, qui l'a accompagnée de ses 13 ans jusqu'à la fin de sa carrière, malgré les critiques de la Fédération.

Deux ans après le premier verdict, qui l'a condamné à huit ans de prison, les deux femmes se retrouvent face à ce personnage ''insensible à la douleur'', comme le qualifie Me Baudoin Dubelloy, avocate de Karine Pomares. En première instance, l'homme était resté de marbre, niant les faits, tout en dénonçant des ''accusations monstrueuses''.