Action, réaction pour le maire de Bourogne, une petite ville du Territoire-de-Belfort. La ville, lassée par les retards récurrents des parents d'élèves, vient d'adopter une mesure coercitive pour exiger plus de ponctualité. Les parents retardataires qui viennent chercher leurs enfants à la sortie de la garderie devront désormais payer 5 euros par quart d'heure de retard. Votée lors du conseil municipal de mardi, elle s'appliquera dès que l'ensemble des parents seront informés.

A Bourogne, l'école maternelle et primaire propose de garder les enfants qui le souhaitent jusqu'à 18h30. Si cela concerne seulement une quinzaine d'élève, le maire déplore des retards continus qui obligent la commune à payer le personnel municipal en heures supplémentaires. "De façon répétée, certains parents viennent chercher leurs enfants après 18h30 et nous avons l'impression que cela se généralise", déplore le maire de cette ville de 2 000 habitants. "Pour essayer de préserver la vie familiale de nos agents, qui ont eux aussi des obligations, on a instauré cette règle", a justifié l'élu sans étiquette.

Moins de culpabilité pour les parents retardataires ?

Si le maire attend surtout que cette mesure soit "dissuasive", la FCPE voit d'un très mauvais oeil cette mesure "coercitive" et compte solliciter le rectorat. La garderie est une activité péri-scolaire payante, mais Marie-Laure Schneider, responsable de la FCPE du Territoire de Belfort, insiste sur le principe de gratuité de l'école. "Cette décision me surprend car le maire ferait mieux de s'interroger sur les motifs de retards des parents. Nous militions pour une véritable gratuité de l'éducation et cette mesure met à mal ce principe", déplore-t-elle à Metro.

Selon la FCPE du département, la mesure pourrait s'avérer contre-productive. "Faire payer les parents en retard, c'est aussi leur permettre avec plus de facilité et moins de culpabilité de l'être. Certains préfèrent bien des amendes plutôt que de payer un parcmètre. Il vaudrait peut-être mieux élargir les horaires d'ouverture de l'école plutôt que de taper encore sur leur porte-monnaie", préconise Marie-Laure Schneider. De son côté, la préfecture qui n'était pas au courant de la nouvelle mardi, s'interroge sur la légalité de cette décision, mais ne préfère pas encore donner d'avis. D'autres villes comme Asnières (Haut-de-Seine) préfèrent, aux mots dans le carnet de correspondance, faire payer les retards. L'élu de cette ville déplorait à Metro le coût des qui s'élevait à 9 000 euros en paiement des heures supplémentaires sur un an. Attention aux écoliers en retard le matin, l'amende ne saurait tarder.