La course en avant à la proposition la plus radicale se poursuit. Interrogé sur la proposition de Nathalie Kosciusko-Morizet de mettre en place une peine de perpétuité "réelle" pour les auteurs d'actes terroristes (c'est-à-dire la prison à vie), Xavier Bertrand est allé encore un peu plus loin jeudi matin.

Au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur BFMTV, ce responsable Les Républicains réputé modéré a lâché cette phrase ; "A l'époque, si j'avais été député, je crois que je n'aurais pas voté l'abolition de la peine de mort". Il faisait référence au vote historique, en septembre 1981, de l'abolition par la gauche, sous la houlette de l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter. "Aujourd'hui", précise-t-il, "supprimer la peine de mort a du sens si ceux qui étaient susceptibles d'en relever ne doivent jamais sortir de prison".

Favorable à la perpétuité réelle

Xavier Bertrand s'est donc déclaré favorable à la "perpétuité réelle", précisant qu'il y croyait "depuis longtemps, mais pas que pour les terroristes". La perpétuité réelle n'existe pas aujourd'hui en France. "Je veux que l'on protège la société et nos concitoyens", a justifié le président de région. Manuel Valls s'est montré "ouvert", mardi, à la proposition de la droite, mais le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, a totalement désapprouvé ce qu'il considère comme "une peine de mort lente". 

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La sortie de Xavier Bertrand sur la peine de mort a suscité une pluie de réactions jeudi matin sur les réseaux sociaux. En 1981, 68 député de l'ex-RPR avaient voté contre l'abolition de la peine de mort. A l'inverse, 16 députés RPR avaient voté pour l'abolition, parmi lesquels François Fillon, Jacques Toubon et Jacques Chirac.

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