Ils l'ont vraiment échappé belle. Si les deux journalistes et le réceptionniste de BFM TV qui ont fait face au "tireur fou" vendredi ont eu plus de peur que de mal, c'est sans doute parce que son arme n'a pas fonctionné. Elle "a dû s'enrayer", a en effet estimé lundi soir sur LCI Lilian Laugerat, un ancien du GIGN. Invité à regarder au ralenti les images filmées par les caméras de vidéosurveillance lors de l'irruption du forcené dans le hall d'accueil de la chaîne info, l'expert a semblé avoir peu de doute sur sa volonté de passer à l'acte.

"Il s'est peut-être entraîné pendant deux jours"

"Il est très motivé pour tirer sur la personne, mais ça ne fonctionne pas", a commenté Lilian Laugerat, soulignant que l'agresseur "aurait très bien pu prendre son temps, être très froid dans son action, mettre une cartouche à l'intérieur et tirer sur la personne". La suite de ses explications fait froid dans le dos : "Il s'est peut-être entraîné pendant deux jours pour ne plus avoir cet incident au moment où il a tiré" dans le hall de Libération lundi, blessant grièvement au thorax un assistant photographe.

Jusqu'ici, on ne savait pas si celui que Manuel Valls a décrit lundi comme "un véritable danger" avait tenté ou non de se servir de son fusil à pompe lors de son intrusion dans les locaux de BFM TV vendredi matin. Il n'y avait en effet eu aucun coup de feu, mais deux cartouches avaient été retrouvées sur le sol. "Qu'il ait voulu tirer ou pas, je n'en sais rien", avait encore affirmé lundi le journaliste visé par l'agresseur, Philippe Antoine. Mais ce rédacteur en chef s'est dit conscient d'avoir eu "vraiment beaucoup, beaucoup de chance".