Plus de transparence, oui, mais dans certaines limites. La réforme de la moralisation de la vie politique, débattue à partir de lundi dans l'hémicycle de l'Assemblée, n'ira pas aussi loin que ne l'avait promis François Hollande en avril, sous le choc de l'affaire Cahuzac. Certes, plusieurs mesures réjouissent les associations anti-corruption, par exemple celle qui obligera désormais les parlementaires à publier leurs déclarations d'activités et d'intérêts. Mais le chef de l'Etat a dû mettre de l'eau dans son vin face à la fronde des députés, soucieux de protéger leur vie privée et d'éviter la "démocratie paparazzi"

Les patrimoines préservés

Ainsi, alors que le projet initial de l'exécutif prévoyait de rendre publiques les déclarations de patrimoine des parlementaires, le texte se contente de les rendre consultables en préfecture, mais à condition que le demandeur s'engage à préserver leur confidentialité. Les contrevenants s'exposent à un an de prison et 45 000 euros d'amende. Autre exemple : tandis que le projet de loi prévoyait de réduire à un mois la période pendant laquelle un ministre débarqué peut toucher ses indemnités, les députés ont choisi de revenir aux six mois actuels en commission. Ce sera finalement trois mois, a néanmoins obtenu le gouvernement. Les socialistes ont par ailleurs dû renoncer à plafonner les revenus des députés tirés d'une autre activité professionnelle.

Malgré ces compromis que certains ne manquent pas de qualifier de reculs, le PS vante une "réforme exemplaire". La droite, de son côté, affûte ses armes. "Le texte qui nous est proposé est une véritable capitulation de François Hollande devant les barons socialistes", a taclé dimanche l'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez dans les colonnes du Parisien.