Le geste d'une désespérée. Lundi soir, trois jours après une première tentative de suicide aux médicaments, l'adolescente qui avait porté plainte il y a deux semaines pour une agression à caractère islamophobe, s'est jetée du quatrième étage de son immeuble. Transportée grièvement blessé - mais consciente à l'arrivée des secours - à l'hôpital Percy, à Clamart, elle a dû être transférée à l'hôpital parisien Georges-Pompidou. Selon une source policière, son pronostic vital est engagé tandis que la préfecture des Yvelines jugeait hier soir son état préoccupant.

Une version remise en cause ?

Le 13 août, Aissatou N., 16 ans, avait porté plainte pour une agression à caractère islamophobe dont l'adolescente voilée se disait victime. Un mois après plusieurs nuits de violences dans cette cité populaire, l'affaire avait rapidement pris un tour politique. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait "fermement condamné" cet acte. Selon le témoignage de la victime présumée, deux hommes, dont un au crâne rasé, l'auraient abordé dans un square de la ville et lui lui auraient montré un "objet tranchant". Ils lui auraient par la suite arraché son voile avant de la faire chuter au sol, tout en proférant des insultes à caractère islamophobe. Problème, aucun témoin direct n'a pu corroborer ces déclarations.

Dans un communiqué publié lundi soir, le CCIF accuse la police d'avoir exercé des "pressions" sur l'adolescente, affirmant que celle-ci "a été traitée de 'menteuse', et, (qu') à plusieurs reprises, sa version aurait été vigoureusement remise en cause". "Est-ce la situation difficile d'une victime d'agression et les pressions exercées sur cette jeune fille qui avait plutôt besoin d'aide et de soutien psychologique, qui ont entrainé son malheureux geste ?", poursuit l'association. Une question polémique dans un contexte très tendu, pour l'heure sans réponse.