Serait-ce la fin d'un feuilleton qui secoue l'Allemagne depuis deux ans ? L'octogénaire chez qui ont été retrouvées des centaines d'œuvres d'art en 2012, parmi lesquelles des Picasso, Renoir et Gauguin, a signé lundi un accord avec le ministère fédéral de la Culture allemand et le ministère bavarois de la Justice. Une entente trouvée après une longue lutte avec le vieil homme qui avait lancé en février une procédure afin de contester la saisie, avant d'obtempérer en mars.

Dans le cadre de cet accord, Cornélius Gurlitt s'engage à rendre les œuvres issues de la spoliation de Juifs sous le Troisième Reich. "Pour l'essentiel, (le groupe de travail) a souhaité conduire dans le délai d'une année les recherches sur la provenance des œuvres", a expliqué le ministère de la Culture dans un communiqué, précisant que "les œuvres d'art pour lesquelles la recherche de provenance ne sera pas achevée dans ce délai, seront rendues à Cornélius Gurlitt".

Une autre maison avec plus de 200 œuvres

Une bonne nouvelle pour les ayants droit parmi lesquels certains se disputent déjà la propriété des œuvres. Un tableau de Matisse, "Femme assise" fait en effet l'objet d'un litige entre les héritiers du marchand d'art français Paul Rosenberg – grand-père de la journaliste Anne Sinclair – et une autre partie dont le nom n'a pas été communiqué. "Je suis juridiquement obligé d'examiner d'abord les réclamations du nouveau demandeur avant la restitution du tableau", a justifié l'avocat de Cornélius Gurlitt, dans un communiqué.

Dans l'appartement de l'homme de 81 ans, à Munich (sud), les autorités allemandes avaient découvert un trésor de 1.406 œuvres auxquelles sont venues s'ajouter d'autres trouvailles effectuées dans une autre propriété de cet homme, fils d'un marchand d'art aux accointances connues avec des responsables nazis. Dans une maison qu'il possède à Salzbourg (Autriche), a été retrouvé 238 œuvres dont 39 huiles sur toile et des aquarelles signées, là encore, de noms prestigieux de l'histoire de l'art. Le tableau de Matisse devait être le premier de ce trésor artistique à être restitué.