Il a toujours refusé de répondre aux questions des enquêteurs. C'est peut-être ce silence qui permet aujourd'hui au principal suspect de la tuerie de Chevaline de voir son contrôle judiciaire levé. "A ce stade, les preuves sont insuffisantes pour poursuivre Zaïd al-Hilli", a indiqué ce mercredi la police britannique.

Le frère de Saad al-Hilli, un Britannique d'origine irakienne tué le 5 septembre 2012 avec son épouse, sa belle-mère et un cycliste français sur une route de Haute-Savoie, avait été arrêté le 20 juin 2013. Suspecté de "complot pour commettre un meurtre", le quinquagénaire avait été remis en liberté conditionnelle le lendemain. Ce mercredi, il est venu une dernière fois pointer au commissariat anglais de Guildford devant une horde de journalistes.

"Il reste suspect"

"Cela ne signifie pas qu'il est lavé de tout soupçon. Il reste suspect", nuance le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud, joint par metronews. Parmi les pistes étudiées, celle d'un conflit d'héritage entre les deux frères portant sur plusieurs millions a longtemps été privilégiée par les enquêteurs. Une thèse loin d'être abandonnée. "Il sera amené à être réentendu par la police britannique, assure le procureur qui concède qu'en France, ce contrôle n'aurait sûrement pas été levé. A la complexité d'une enquête menée par deux pays aux systèmes juridiques bien distincts s'ajoutent les nombreuses zones d'ombre qui, un an et demi après le drame, demeurent.

"La piste irakienne (origine de deux victimes, ndlr) est en stand-by, et celle d'un espionnage industriel lié au métier de Saad al-Hilli est complexe", répond Eric Maillaud. La diffusion au mois de novembre du portrait-robot d'un mystérieux motard, repéré près des lieux du crime, n'a strictement rien donné.