Plus d'un an après la tuerie de Chevaline, les enquêteurs s'apprêtent, selon nos informations, à diffuser un portrait-robot. Celui du motard, aperçu par plusieurs témoins le 5 septembre 2012, près du parking du Martinet, où une famille britannique d'origine irakienne et un cycliste français ont trouvé la mort.

Jusqu'ici, des appels à témoins avaient été lancés pour retrouver un 4X4 gris et une moto. Mais c'est la première fois qu'un portrait-robot va être dévoilé dans le cadre de cette enquête. Une information confirmée depuis par le procureur de la République d'Annecy joint par metronews. "Ce portrait-robot a été réalisé sur la base des témoignages de Brett Martin (le cycliste britannique qui a fait la macabre découverte, ndlr) et des trois gardes forestiers, explique Eric Maillaud. Ces derniers ont vu le motard à l'arrêt et d'assez près". L'homme activement recherché se trouvait en effet dans une zone interdite à la circulation lorsqu'ils lui ont demandé de rebrousser chemin. Il aurait alors relevé la visière de son casque laissant entrevoir son visage et sa barbe fine.

"Zaïd al-Hilli ment"

Lundi soir, dans une émission de la BBC, un des agents de l'ONF a par ailleurs livré une description du conducteur du 4X4. "Il n'y a strictement rien de nouveau, commente le procureur. C'est un témoignage connu des enquêteurs depuis le début. Il faut être très prudent. Nous avons en effet des certitudes sur la description du motard, pas sur l'automobiliste". La chaîne britannique n'hésite pas à identifier le premier comme "l'auteur" du quadruple meurtre, le second comme "son complice". "C'est une hypothèse de travail parmi d'autres, rien de plus", répond Eric Maillaud.

Depuis le début de l'affaire, de nombreuses pistes ont été avancées. Celle d'une guerre d'héritage continue de susciter l'intérêt des enquêteurs. "Même si nous n'avons pas de preuves de son implication, une chose est sûre : Zaïd al-Hilli ment. Il essaye de détourner l'attention et nous devons savoir pourquoi", assène le procureur. Suspecté de conspiration, le frère de Saad al-Hilli, l'une des victimes britanniques, a dénoncé dans la presse anglaise un travail bâclé par la police française. L'homme, toujours sous contrôle judiciaire, et qualifié de "peu coopératif", devrait être de nouveau entendu dans les prochains jours.