Condamnées en première instance à quatre mois de prison ferme pour avoir manifesté seins nus, les trois militantes européennes Femen emprisonnées à Tunis verront finalement leur appel étudié mercredi. La justice tunisienne devait se prononcer ce vendredi mais une erreur de procédure a conduit à reporter le procès au 26 juin. En attendant, elles resteront derrière les barreaux, la libération conditionnelle ne leur ayant pas été accordée.

L'avocat tunisien des accusées –deux Françaises et une Allemande- a expliqué que la justice n'avait pas laissé expirer le délai légal de dix jours permettant à des associations islamistes de faire appel de la décision du 12 juin de rejeter leur demande de se constituer partie civile. Du coup, le juge a été contraint au report, Me Souhaib Bahri évoquant une "faute du ministère public".

La liberté d'expression en question

En début d'audience, les accusées ont rappelé qu'elles avaient agi ainsi en solidarité avec Amina Sboui, une militante tunisienne Femen emprisonnée depuis le 19 mai après avoir peint le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière musulman en guise de protestation contre un rassemblement salafiste à Kairouan. Un geste qui l'expose à deux ans de prison pour profanation de sépulture et à six mois de détention pour atteinte aux bonnes moeurs. Des peines qui pourraient être considérablement alourdies si Amina Sboui était reconnue coupable d'avoir agi en bande organisée.

"Notre but n'était pas de violer la loi tunisienne ou de porter atteinte à la pudeur, mais juste de soutenir Amina", a indiqué Joséphine Markmann, la militante allemande, lors de son audience. La Tunisie connaît actuellement plusieurs affaires qui émeuvent des organisations non gouvernementales de défense des droits de l'Homme, un rappeur ayant par exemple été condamné à deux ans de prison le 13 juin pour avoir insulté la police dans une chanson.