Quels sont les besoins les plus urgents ?
Il faut aller au plus vite et au plus précis. Dans certaines zones dévastées, les routes sont coupées et les populations ne peuvent ni boire, ni manger. L'urgence est d'accéder à ces zones, de permettre aux populations d'avoir de l'eau potable et d'éviter que des épidémies se propagent en maintenant un niveau d'hygiène suffisant. Nous sommes basés aux Philippines depuis 2000, du fait des crises météorologiques qui frappent régulièrement ce pays, mais celle-là est d'une violence inouïe. C'est peut-être la plus violente que nous ayons connue.

Comment êtes-vous organisés sur place ?
Nous avons déjà une centaine de personnes à pied d'œuvre. Elles distribuent l’aide humanitaire d’urgence afin que les rescapés tiennent le plus longtemps possible dans ces conditions extrêmes. Et nous venons d'envoyer du renfort. Des urgentistes, des logisticiens, des experts en eau, en assainissement et en sécurité alimentaire sont sur le terrain pour déployer l'aide et coordonner les opérations. Un avion part aujourd'hui (lundi, ndlr) de Madrid, un autre demain matin de Lyon, avec à bord des équipes expérimentées et du matériel : des équipements ermettant d'assainir l'eau, des kits de survie, des biscuits énergétiques...

Comment faites-vous pour accéder aux zones les plus sinistrées ?
Une telle catastrophe est un défi logistique. La grande expertise de nos logisticiens permet de faire des miracles. Ils sont les premiers sur place avec les urgentistes afin de trouver les moyens de distribuer l'aide, surtout dans un archipel comme les Philippines où il faut être présent dans plusieurs zones.

Des critiques avaient été émises sur l'organisation de l'aide humanitaire après le tsunami de 2004 en Asie (difficultés d'acheminement, gestion des moyens et des dotations...). Comment ne pas reproduire les erreurs du passé ?
Les initiatives individuelles de petites associations non organisées et non enregistrées localement encombrent les dispositifs internationaux. En 2004, il y a eu un nombre incroyable de conteneurs envoyés par des microstructures. Et bien souvent, les produits ne correspondaient pas au besoin et personne n'était là pour les réceptionner. C'est beaucoup d'énergie et d'argent pour rien. Il faut donc soutenir en priorité les structures organisées. Nous avons aujourd'hui un besoin important de dons mais il faudra qu'ils continuent ensuite à arriver de manière régulière. Il ne faut pas oublier que nous avons une logique de planification de projets sur le court, moyen et long terme. Et j'ai bien peur que nous soyons aux Philippines pour longtemps.
 

Pour faire un don d'urgence à Action Contre la Faim