A mesure que le rattachement de la Crimée à la Russie prend forme, les tensions ne cessent de se multiplier entre Kiev et Moscou. Mercredi, après de nombreux épisodes de violences, le pouvoir ukrainien a décidé de prendre une série de mesures pour protéger ses intérêts.

Dans une nouvelle réplique au rattachement de la Crimée à la Russie, Kiev a d'abord décidé d'introduire les visas pour les Russes et de sortir de la Communauté des Etats indépendants (CEI) regroupant onze ex-républiques soviétiques. Simultanément, les autorités ukrainiennes avaient donné trois heures, aux autorités de la Crimée pour libérer le chef de sa marine, Serguiï Gaïdouk, capturé plus tôt par les forces pro-russes lors de l'occupation d'un QG des forces navales à Sébastopol. Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, menaçait même de prendre des "mesures adéquates" de représailles. Des élans guerriers qui ont fait mouche : le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a appelé mercredi soir les dirigeants de la Crimée à libérer le chef de la marine ukrainienne.

La Russie ira-t-elle au-delà de la Crimée ?

Kiev a ensuite affiché son intention de demander aux Nations unies de décréter une zone démilitarisée dans la péninsule criméenne et de prendre des mesures pour obtenir le retrait des forces russes qui l'occupent depuis trois semaines. Si aucune action internationale n'a été entreprise, les réactions ont toutefois été vives. "Nous avons connu d'autres crises en Europe ces dernières années: les Balkans dans les années 90, la Géorgie en 2008. Mais il s'agit là de la plus grave menace à la sécurité et à la stabilité de l'Europe depuis la fin de la Guerre froide", a estimé, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen.

Mais si l'Ukraine ne compte pas se laisser faire face aux "agressions" de la Russie - un militaire ukrainien était mort mardi – le pouvoir envisage de se retirer de la Crimée. Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense du pays, Andriï Paroubiï, a ainsi indiqué préparer un plan d'évacuation des militaires et de leurs familles. Quelle est la stratégie russe ? "Notre plus grande préoccupation à l’heure actuelle est de savoir s’il (le président russe Poutine) ira au-delà de la Crimée, si la Russie intervenait dans les régions orientales" de l’Ukraine, s'est interrogé Anders Fogh Rasmussen. L'inquiétude est à son comble.