"Stop !" Alain Juppé a exhorté ce lundi François Fillon et Jean-François Copé d'arrêter la casse. "Ce que je redoutais s’est produit: le Mouvement (UMP) sort divisé et donc affaibli de cette confrontation intempestive" écrit-il sur son blog. La veille, le scénario du pire s'est produit. En raison d'un résultat trop serré, sur fond d'accusations de fraude, aucun des deux candidats n'a pu être désigné président du parti de droite. Ils se sont alors, tour à tour, autoproclamés vainqueur. Une "situation lamentable", estime le fondateur de l'UMP qui lance "un cri d'alarme", "c'est l'existence même de l'UMP qui est en cause aujourd'hui".

Pour Alain Juppé, "ce qui pourrit la situation, c'est que tout le monde est obsédé" par 2017. Celui qui a toujours refusé d'apporter son soutien à l'un ou l'autre, dit avoir parlé aux deux adversaires ce lundi : "Ils m'ont dit qu'ils étaient prêts l'un et l'autre à accepter la décision de la commission de contrôle des opérations électorales (Cocoe)". A la mi-journée, elle avait validé les procès-verbaux d'une soixantaine de départements. Restait encore l'examen des résultats de plusieurs grosses fédérations notamment celle des Alpes-Maritimes où des fraudes sont pointées du doigt par les copéistes.

"Il faut se ressaisir"

Dans l'hypothèse où la Cocoe ne parviendrait pas à départager les deux hommes, l'ex-président de l'UMP a imaginé la suite : "Nous serons dans un autre scénario qui n'est pas prévu par nos statuts et il faudra à ce moment prendre des décisions drastiques et vraisemblablement organiser une autre consultation". Soulignant que la situation de la France est "grave", Alain Juppé estime que le pays a besoin "de tout sauf du spectacle que donne aujourd'hui l'UMP. Nous avons besoin d'une proposition pugnace et intelligente. Il faut donc se ressaisir".

Pour favoriser la réconciliation, le maire de Bordeaux propose la mise en place d'une "instance qui accompagnera le nouveau président". Ecartant toute ambition nationale, il prévient : "Si je peux être utile pendant quelques jours ou quelques semaines pour calmer les choses et remettre le train sur les rails je le ferai volontiers, mais pas au-delà".