Un jour avant la date butoir initiale, l'UMP n'a pu réunir les 11 millions d'euros nécessaires au remboursement de sa dette. Et ce moins d'un mois après la décision du Conseil constitutionnel de rejeter les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, le 4 juillet dernier.

A la suite de cette décision, le parti avait lancé une souscription auprès des 300 000 adhérents, baptisé par la suite "Sarkothon". Depuis, près 8,6 millions d'euros ont été récoltés selon les derniers chiffres officiels, et un délai de deux mois a été obtenu pour obtenir un peu moins de 2,5 millions d'euros. Rendez-vous donc fin septembre.

"30% des parlementaires UMP n'ont pas donné"

Pour remercier les militants de leur effort, l'ancien Président de la République a d'ores et déjà pris sa plume afin de témoigner personnellement" sa "gratitude" et saluer ceux qui ont compris "la nécessité de préparer l'alternance au socialisme". Un message qui a déjà été expédié par mail et devrait être envoyé par courrier dans les prochains jours.

Mais si les militants ont répondu présents, certains responsables de l'UMP regrettent que tout le monde au sein de l'appareil politique n'ait pas montré le même enthousiasme. La trésorière de l'UMP Catherine Vautrin affirme même que "30% des parlementaires n'ont pas donné".

"Sarkozy joue les sauveurs avec 7 500 euros..."

Un geste qu'un parlementaire justifie auprès du site Le Monde.fr. "L'exercice réalisé par Nicolas Sarkozy est gonflé. Il a, pour le moins, géré la campagne avec légèreté. Il nous plante, et puis il revient jouer les sauveurs avec 7 500 euros en donnant des leçons de bonne conduite à Fillon et Copé, blâme t-il. C'est une opération de com' culottée pour laquelle il enfile le costume de la victime et où il se la joue solidaire. En résumé, il se fout de notre gueule", poursuit ce député UMP resté anonyme.

Même si les dons aux partis politiques sont limités à 7 500 euros, techniquement rien n'empêche l'ancien Président de rembourser lui-même une partie du prêt. Un message repris par le député Bernard Debré, qui assure que s'il rencontrait l'ancien chef de l'Etat, il dirait de "faire un effort supplémentaire". Et de tempérer qu'il n'est pas le seul responsable de cette situation, pointant notamment les 44 millions de déficit de son parti.