Et si le grand chef de l'UMP n'était jamais parti ? Nicolas Sarkozy était le dernier président de l'UMP. Orphelin depuis son mandat élyséen, le principal parti de droite ne semble pas pressé de tourner cette page de son histoire. Le scrutin plus serré que prévu de ce lundi matin en est la preuve : impossible pour le moment de désigner un nouveau président, Jean-François Copé ou François Fillon, quand Nicolas Sarkozy, lui, reste dans tous les esprits. C'est lui le grand vainqueur de l’élection, clament en choeur les observateurs et éditorialistes ce lundi matin.

Le "troisième homme"

Pour le député UMP Lionnel Luca, sur Twitter ce lundi matin, il était d'ailleurs "le troisième homme" de la campagne. Un troisième homme qui ne s'est prononcé ni pour l'un ni pour l'autre (il n'a d'ailleurs pas voté), mais que tout le monde s'est disputé. Pour gagner, chacun s'est en effet revendiqué de l'héritage Sarkozy. Un argument de taille. "Le fidèle", comme il aime à se définir, Jean-François Copé, se voit bien devenir président d'un parti qu'il a dirigé pendant le mandat du président depuis son élection. Sarkozy était parvenu à draguer les électeurs de Marine Le Pen. Qu'à cela ne tienne, Jean-François Copé a joué la carte de la "droite décomplexée". De l'autre côté, l'ex-Premier ministre a mis en avant ses atouts de bras-droit (ou devrait-on dire son "collaborateur" ?) du président durant cinq ans. Bref, Sarkozy est devenu un véritable argument de campagne.

Et pour cause. Sa popularité sans faille depuis son départ l'a propulsé au rang d'homme politique préféré des partisans de droite (86% d'opinions favorables dans sa famille politique, selon le dernier baromètre Ipsos), survolant le duel fratricide des deux candidats dans la course à l'UMP. Grand favori mais absent de la course, le non-résultat de ce lundi matin pourrait bien arranger son retour. Car le score plus serré que prévu, qui débouche sur un parti coupé en deux que le vainqueur devra réconcilier, constitue une aubaine pour l'ancien président. Un succès net de son ancien Premier ministre aurait compromis son retour. Et celui de son "fidèle" aurait incarné la relève. Force est de constater qu'elle n'est toujours pas assurée et que le retour du "héros" reste une option plus que jamais de mise en vue de 2017...