Depuis que la chasse aux exoplanètes a été lancée en 1995, elles sont près d'un millier à avoir été découvertes. Mais aucune d'entre elles n'a pour l'instant prouvé remplir toutes les conditions nécessaires à l'apparition de la vie. À savoir, si l'on se base sur notre propre biologie : un sol rocheux, une orbite ni trop près ni trop loin de son étoile permettant la présence d'eau liquide (la zone d'habitabilité), et une masse suffisante pour retenir une atmosphère.

La découverte, par une équipe de scientifiques européens, des restes d'un système planétaire ayant par le passé réuni tous ces critères est donc un espoir de plus de trouver, un jour, de la vie en dehors de notre système solaire. Publiée jeudi 10 octobre dans la revue américaine Science, cette étude est en effet la première à mettre en avant la découverte simultanée d'eau et de roche en dehors de la Voie Lactée.

Un système en fin de vie, où cette dernière est cependant possible

L'action se déroule à 170 années-lumière de chez nous, autour de l'étoile GD 61. Il s'agit plus précisément d'une naine blanche, c'est-à-dire d'une étoile en fin de vie, qui a épuisé son carburant nucléaire et à laquelle ressemblera notre Soleil d'ici 4 milliards d'années. De par leur force gravitationnelle très forte, ces naines blanches aspirent tout ce qui gravite dans leurs parages.

En l'observant de plus près, les astronomes ont en effet détecté autour de GD 61 un nuage de gaz et de débris divers : les restes d'un système planétaire en train d'être absorbés par leur étoile mourante. Or, ce nuage s'est révélé être très riche en oxygène.

Dans un premier temps, les scientifiques ont pensé qu'il pouvait s'agir de dioxyde de carbone à l'état de glace, autrement dit de neige carbonique. Mais point de traces de carbone dans le nuage drapant l'étoile. Ne reste alors plus qu'une seule option : cet oxygène trahit la présence d'eau.

Les astéroïdes, en s'écrasant sur le sol des planètes, leur fournissent de l'eau

“En observant la composition du nuage de débris entourant GD 61, nous sommes arrivés à la conclusion que cette naine blanche était en train de finir d'absorber un corps rocheux initialement composé de 26 à 28 % d'eau. Il s'agit d'un astéroïde, et nous sommes persuadés depuis quelques années déjà que ces corps célestes, en s'écrasant sur les planètes, leur fournissent de l'eau” explique Jay Fahiri, de l'université de Cambridge, qui a participé à la découverte.

Quelle va être la suite des opérations ? “Nous allons fouiller les environs de GD 61 avec un télescope géant tel que l'Atacama Large Millimeter/submillimeter Array radio array, au Chili, afin de voir si des planètes ont subsisté à la mort de leur étoile. Il est possible que, si l'on en trouve, elles aient pu être approvisionnées en eau par des astéroïdes tel que celui que nous avons observé. Dans ce cas, nous aurons une preuve que les conditions nécessaires à la vie ont un jour existé, voire même existent encore dans ce système.”

La vie est en effet possible autour d'une naine blanche, à condition que la planète adéquate orbite relativement près d'elle en raison de son faible rayonnement. La quête continue…