Tous décrivent un "homme charmant", "impliqué", "très apprécié des professeurs et des élèves". L'annonce de la mort brutale de Vincent D. a plongé le collège Baléone, où il enseignait les sciences de la vie et de la terre (SVT) depuis 2009, dans une profonde émotion et incompréhension. Le jeune homme de 33 ans a été tué froidement lundi soir chez lui, à Afa, un petit village de Corse-du-Sud. Une cellule de crise a été mise en place au sein de l'établissement. "Cela semble si surréaliste", nous confie au téléphone une de ses collègues, la voix étouffée par les larmes.

Deux coups de feu

"Selon toute vraisemblance, on s'est présenté à son domicile, il a ouvert la porte et on lui a tiré dessus, explique à metronews le vice-procureur Valérie Tavernier. Son voisin a entendu les coups de feu. Il s'est précipité chez lui et a appelé les secours". L'enseignant, touché par deux balles en pleine poitrine, n'a pas survécu. Le ou les tireurs ont pris la fuite. "Pour l'heure, nous n'avons rien de probant, toutes les pistes sont ouvertes", poursuit la magistrate qui balaie les rumeurs d'un "règlement de comptes". Vincent D., qui vivait seul dans cette maison divisée en deux parties, n'était pas connu des services de police et de justice.

Un vol qui aurait mal tourné ? "A priori, ce n'est pas un endroit où tout a été fouillé et retourné. Dès que les voisins ont entendu les tirs, ils se sont précipités chez lui, l'hypothèse du vol paraît donc peu probable, concède Valérie Tavernier qui veut pourtant rester prudente. Ou alors il a eu lieu avant l'homicide, même si cela ne correspond pas au schéma classique d'un cambriolage. Les enquêteurs travaillent actuellement sur la scène de crime. Viendront ensuite les investigations pour savoir notamment si un vol a été constaté." L'enquête pour faire la lumière sur ce crime mystérieux a été confiée à la gendarmerie. Cet enseignant est la première victime d'un homicide cette année en Corse.