Une semaine après l'attentat de Boston, la police canadienne a annoncé avoir interpellé et inculpé deux suspects, à Toronto et Montréal, pour "complot en vue de commettre un attentat terroriste" et "complot (...) sous la direction d'un groupe terroriste". Selon les autorités, ils préparaient un attentat sur la ligne de chemin de fer entre Toronto et New York et recevaient "des ordres et des conseils" "d'éléments d'Al-Qaïda se trouvant en Iran". Mais rien en prouve que "ces attaques étaient soutenues par l'État" iranien", ont-elles précisé. 

Si aucune attaque n'était "imminente", selon les autorités canadiennes, les deux suspects "surveillaient des trains et des rails de la région de Toronto". Leur projet d'attentat aurait visé un train de passagers de la société d'Etat canadienne Via Rail, a précisé la Gendarmerie Royale du Canada (GRC, police fédérale) lors d'une conférence de presse. Un projet qui n'aurait aucun lien avec le récent attentat du marathon de Boston, même si la GRC a reconnu que ce dernier avait précipité leur intervention.

Un étudiant en doctorat de sciences de l'énergie

Concernant les deux suspects, d’origine étrangère, la police s'est contentée de fournir leur identité. Il s'agit de Chiheb Esseghaier, 30 ans, résidant à Montréal, et Raed Jaser, 35 ans. Selon le journal National Post, le premier serait Tunisien et le second Palestinien, citoyen des Emirats Arabes Unis, possédant le statut de résident permanent au Canada. Chiheb Esseghaier est étudiant en doctorat en sciences de l'énergie et des matériaux au Centre Énergie Matériaux Télécommunications à Varennes, a confirmé à l'AFP Julie Martineau, une responsable de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). Il y est inscrit depuis l'automne 2010.

Cette opération constitue l'aboutissement d'une enquête de plus d'un an menée en collaboration avec la police fédérale américaine (FBI) notamment. Le Canada est en effet apparu ces dernières années comme un vivier potentiel pour le recrutement de futurs terroristes. En 2006, un groupe, baptisé les "18 de Toronto", avait été démantelé alors qu'il préparait une série d'attaques contre des institutions canadiennes, comme la Bourse, le siège des services de renseignement ou le Parlement d'Ottawa.