Dernière minute : la prise d'otage a connu un "dénouement heureux", a finalement annoncé la direction de la prison de Moulins-Yzeure, où un détenu âgé d'une soixantaine d'années a retenu pendant plusieurs heures un surveillant, apparemment sous la menace d'un couteau à bout rond particulièrement affuté ou rendu pointu.

Si le soulagement est de mise, la colère n'en est pas moins grande pour James Vergnaud, du syndicat FO Pénitentiaire, qui se félicite bien sûr de l'issue de cet événement "inacceptable", mais souligne que ce genre d'"actes traumatisants ne laissent pas les surveillants indemnes".

Muni d'un poinçon, un prisonnier qui venait d'être transféré du centre de détention de Roanne, dans la Loire, dont il était suspecté de vouloir s'évader, à celui de Moulins-Yzeure, dans l'Allier, a pris en otage un surveillant de cette centrale, a-t-on appris à la mi-journée de source syndicale.

Ce détenu, qui réclamerait son transfert dans un autre établissement pénitentiaire, a indiqué à l'AFP un représentant de FO, James Vergnaud, "est armé d'un poinçon qu'il tient sous la gorge d'un jeune surveillant stagiaire", autrement dit en activité depuis moins d'un an.

Poinçon, lame de rasoir ou couteau ?

Pour l'heure, hormis le fait qu'elle a commencé ce 20 juillet vers 8h30, on ne sait rien des circonstances de cette prise d'otage que l'administration pénitentiaire et la direction de la centrale de Moulins-Yzeures se sont refusées à commenter, ni même à confirmer. D'après Europe 1, qui ne parle pas d'un poinçon, mais d'une lame de rasoir, l'agresseur n'était pas répertorié comme DPS, ou "Détenu particulièrement surveillé".

En fait, le flou règne aussi autour de son "pédigrée" et de ses revendications. Selon Le Parisien, qui de son côté évoque la menace d'un "couteau de cuisine aiguisé", le preneur d'otage incarcéré depuis 2005 et qui ne serait pas libérable avant quatorze ans souhaite entre en contact avec son épouse.

Des forces d'intervention et un négociateur sur les lieux

Selon le site de ce même quotidien, à la mi-journée, la situation était calme et le dialogue engagé avec le détenu et son otage retranchés dans le bureau de ce dernier. Outre une équipe du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), d'après Matthieu Perdrizet, de l'UFAP, la première organisation syndicale de surveillants de prison, un négociateur et une Equipe régionale d'intervention et de sécurisation (ERIS) étaient attendus sur les lieux.