Provocation gratuite ou véritable prise de risque ? Une chose est sûre, Libération n'y est pas allée de main morte. Ce lundi, sur la une du quotidien, on voit le milliardaire Bernard Arnault, qui vient de demander la nationalité belge, souriant, valise à la main, accompagné du titre "Casse-toi riche con !". Un clin d'oeil au célèbre "Casse-toi pauvre con", proféré par Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture en 2008.
Si la couverture fait jaser depuis dimanche soir, Bernard Arnault a décidé de porter plainte contre Libération pour “injures publiques proférées à son égard”, selon un communiqué. “Bernard Arnault n’a d’autre choix, compte tenu de l’extrême vulgarité et de la violence du titre du quotidien en date du 10 septembre 2012, que d’assigner le journal Libération en justice”, explique le texte, rappelant que le milliardaire "était et qu’il restait résident fiscal français”.
Une couverture inacceptable
"Cette une du journal Libération est inacceptable", ajoute le communiqué, en estimant qu'"elle révèle en outre un état d'esprit anti-entreprise totalement à l'encontre des nécessités du redressement économique du pays et de la lutte contre le chômage, qui ne peuvent réussir qu'avec la motivation des chefs d'entreprises privées".
Depuis la création de LVMH, leader mondial du luxe, Bernard Arnault "a toujours travaillé et payé l'intégralité de ses impôts en France", souligne le communiqué. "A travers le développement de ses entreprises, il a toujours été un défenseur du savoir-faire et du patrimoine français, et a créé plus de 20 000 emplois directs sur le territoire", précise le texte.
Chez Libé, on assume
Du côté de Libération, on assume la provocation. “S’il y a une certaine dureté, une certaine vulgarité à la une de Libération, c’est précisément parce que la situation l’est aujourd’hui”, a expliqué le directeur délégué de la rédaction de Libération, Vincent Giret, à l’AFP.
“La décision de Bernard Arnault contient aussi une dose de vulgarité que nous renvoyons dans un effet boomerang”, a poursuivi Vincent Giret, qui s’est montré serein quant à l’éventualité d’une plainte en diffamation." La presse jusqu’à nouvel ordre a le droit de s’exprimer. Bernard Arnault est un personnage public, il a lui-même communiqué sur ce sujet."
















