La mésaventure vécue de Jodi Rudoren pourrait-elle faire des émules dans le monde du journalisme ? Jeudi, le New York Times (NYT) a annoncé la désignation de Margaret Sullivan, qui sera chargée de relire et d'éditer les messages postés sur les réseaux sociaux par la nouvelle chef du bureau de Jerusalem, relate le blog GigaOM. En cause, les commentaires faits par celle-ci sur son profil Facebook: "Ils (les Palestiniens) ont l'air désintéressés ("ho-hum")", avait-elle écrit en réponse à la question d'un lecteur à propos de l'attitude des Palestiniens lors de la résurgence de la violence dans la bande de Gaza.

"Pas de messages non édités et non filtrés sur Twitter"

Une réaction, en plus d'autres prises de position, qui ont valu de nombreuses critiques à la journaliste, et donc pour résultat, une reprise en main par ses employeurs de ses profils sur les réseaux sociaux. Un cas qui soulève une certaine indignation quant au rapport des journalistes avec les opinions qu'ils expriment sur Twitter et Facebook. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le cas se présente dans la presse américaine. Ainsi, Nate Silver, journaliste politique du New York Times, avait fait l'objet de remontrances après avoir parié sur les réseaux sociaux la défaite de Mitt Romney à l'élection présidentielle.

La journaliste Octavia Nasr avait quant à elle connu un autre sort : la chaîne américaine CNN l'avait démis de ses fonctions pour avoir exprimé de la sympathie, dans l'un de ses tweets en 2010, après la mort d'un dirigeant du Hezbollah."L'intérêt est de tirer profit de l'engagement conclu avec les lecteurs sur les réseaux sociaux sans toutefois engager le New York Times par les messages non édités et non filtrés des reporters", s'est défendue Margaret Sullivan, éditrice en chef, sur son blog.