Le gaz à l'odeur d'oeuf pourri sera l'objet d'une double enquête. Une judiciaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" confiée à la gendarmerie. L'autre administrative, annoncée par la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, afin de déterminer "l'origine" de l'incident et "établir les responsabilités de l'exploitant".

Quarante-huit heures après la fuite de mercaptan émanant de l'usine Lubriziol à Rouen, le gaz continuait de se répandre. Mais sa concentration à la sortie de la cheminée était tombée de 80 parties par millions (ppm) à moins de 20 mercredi matin. Selon la préfecture de Seine-Maritime, l'opération de neutralisation a permis de traiter "deux tonnes de produit" sur les 35 que compte le bac à mélange où la réaction inattendue s'est déclenchée.

"Négligence"

"Il y a sans doute eu une négligence ou une faute qui a entraîné cette réaction chimique", a estimé mercredi Delphine Batho sur Europe 1. Alors que les 300 salariés du site n'ont pas été évacués, la ministre a tenu à être rassurante :"Il n'y a pas d'évacuation parce qu'elle n'est pas nécessaire, que la situation est maîtrisée, sous contrôle". "Il n'y a pas de danger pour la santé", a-t-elle martelé.

L'association Robin des bois, jointe par Metro, s'étonne cependant de la "contradiction" entre les paroles et les actes des autorités : "On nous dit 'circulez, il n'y a rien à voir' et on ouvre dans le même temps une procédure judiciaire pour "mise en danger de la vie d'autrui'. Nous avons des craintes pour les équipes d'intervention et les riverains". Le nettoyage de la cuve devrait durer plusieurs jours. L'odeur d'oeuf pourri, sentie jusqu'à Paris et en Angleterre, a, elle, totalement disparu.