Maintes fois évoquée, l’utilisation d’armes chimiques par le groupe Etat islamique serait devenue une réalité. Et ce, à plusieurs reprises, selon une interview du directeur de la CIA John Brennan diffusée jeudi. Un savoir-faire que les terroristes pourraient à terme exporter hors des frontières d’Irak et de Syrie.

C’est en tout cas l’hypothèse avancée par John Brennan, interrogé sur la capacité des djihadistes à exporter des petites quantités de chlorine et de gaz moutarde. "C'est pour cela qu'il est si important de couper les diverses routes de transport et de contrebande que (les djihadistes) ont utilisées", a-t-il souligné.

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 "Il ne faut aujourd'hui rien exclure"

Du côté des autorités françaises, un attentat à l’arme chimique a d’ores et déjà été envisagée. Une semaine après les attentats de novembre, Manuel Valls avait tiré la sonnette d’alarme devant les députés : "Il ne faut aujourd'hui rien exclure. Je le dis bien sûr avec toutes les précautions qui s'imposent mais nous savons et nous l'avons à l'esprit. Il peut y avoir aussi le risque d'armes chimiques ou bactériologiques". Face à cette menace, le gouvernement avait d’ailleurs autorisé en urgence la pharmacie des armées à distribuer un antidote aux armes bactériologiques à des services d'urgence civils en France.

Si le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et certains experts avaient dans la foulée tempéré l’éventualité d’une telle attaque, estimant notamment qu’il était " très compliqué d'utiliser l'arme chimique à partir d'un territoire sur un autre", cette dernière est néanmoins devenue incontournable dans le conflit entre l’Irak et la Syrie. En octobre, le gouvernement du Kurdistan autonome irakien a indiqué que les tests sanguins chez des combattants peshmergas engagés dans l'épisode de Makhmour avaient bien montré la présence "de traces de gaz moutarde".

L'utilisation possible d'agents chimiques par l'EI a également été rapportée par des sources locales le 21 août à Marea, principal bastion des rebelles dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie. Le régime de Bachar Al-Assad a également employé des armes chimiques, selon de multiples témoignages. Les Occidentaux et l'opposition syrienne l'en avaient accusé en août 2013. Quelques semaines plus tard, la Syrie, sous la pression internationale, avait admis détenir plus de 1.000 tonnes d'armes chimiques et accepté leur destruction. En théorie seulement ?

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