Le mystère est dans la toile. Dimanche, alors que les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ, le Vatican a choisi de "faire à un cadeau à ses adeptes". Avant de démissionner, le pape Benoît XVI avait donné son accord pour que le suaire de Turin soit filmé. Un événement en soi, car nulle caméra ne s'était approchée du tissu depuis 1973. Le documentaire de 90 minutes sera diffusé dimanche sur la Rai avec, en préambule, un discours du pape François.

Mais pourquoi une telle ferveur autour de ce tissu en lin de 4 mètres de long ? Pour les catholiques, le Saint-Suaire serait l'étole dans laquelle a été placé le corps de Jésus, mort sur la croix. Sur le suaire de Turin, l'empreinte d'un homme vraisemblablement mort crucifié apparaît. Or depuis la découverte de ce tissu, au XIVe siècle, il n'a cessé d'attiser les controverses. Dès la première mention reconnue de l'objet, en 1357, il est considéré comme un faux. Mais en 1390, l'antipape Clément VII le reconnaît comme "représentation".

Un objet de mystère religieux et scientifique

La controverse renaît au XXe siècle. Grâce aux avancées scientifiques, le suaire de Turin passe par tous les états. En 1988, une étude au carbone 14 situe sa fabrication entre 1260 et 1390. Bref, loin après l'existence supposée du Christ. Mais une nouvelle étude par Giulio Fanti de l'université de Padua avance, cette année, que des tests effectués sur le tissu montrent qu'il date plutôt de 280 à 220 avant J.-C.

Quoi qu'on en pense, le suaire est source de fascination, bien que rarement exposé au grand public. Cependant, une application pour smartphone (The Pope app) permettra aux curieux de voir quelques images de "l'artefact le plus étudié de l'histoire".