Comme prévu, neuf jours après sa mort, durant lesquels des centaines de milliers de personnes se sont pressées devant son cercueil, le corps d'Hugo Chavez a été transféré le 15 mars de la chapelle ardente de l'Académie militaire de Caracas, vers une ancienne caserne de la capitale vénézuélienne, transformée en Musée de la Révolution. En revanche contrairement à ce qu'avait annoncé son dauphin, le président par intérim, Nicolas Maduro, le "Commandante" ne sera pas embaumé et ne restera donc pas "visible éternellement" de son peuple.

Déjà mercredi, M. Maduro avait laissé entendre qu'il serait "assez difficile" de procéder à l'embaumement du défunt président, faute de s'y être pris plus tôt. Les autorités vénézuéliennes ont finalement totalement renoncé à ce projet, qui aurait nécessité que la dépouille séjourne en Russie pendant au moins sept mois. "J'ai demandé d'écarter l'idée d'embaumer le corps du Commandant Chavez après le rapport d'une commission médicale russe", a annoncé vendredi le ministre de l'Information et de la Communication, Ernesto Villegas.

Pas de Panthéon sans modification de la Constitution

Au lendemain des funérailles et d'une procession qui a rassemblé des milliers de personnes sur douze kilomètres, notamment sur le "Paseo de los Proceres", le "Boulevard des hommes illustres", la question de l'ultime demeure de Chavez reste posée. Le gouvernement qui a fait part de sa volonté d'installer le corps embaumé auprès de celui du héros national Simon Bolivar, a finalement reporté sine die le dépôt à l'Assemblée nationale d'un amendement constitutionnel le permettant.

En l'état, la loi fondamentale du pays réserve en effet son Panthéon aux citoyens "illustres qui ont rendu des services éminents à la République, au moins 25 ans après leur décès". En théorie, toute modification de la Constitution impose un référendum. Pour l'heure le seul scrutin annoncé, le 14 avril, est l'élection anticipée qui débouchera vraisemblablement sur la victoire de l'héritier politique de Chavez, M. Maduro, ou sur celle du leader de l'opposition, Henrique Capriles.

Retour posthume à la caserne qui l'a vu naître politiquement

En attendant son hypothétique inhumation au Panthéon national, le corps de Chavez repose "Caserne de la montagne", un lieu symbolique car il lui avait servi de QG en 1992, lorsque, jeune lieutenant-colonel parachutiste, il avait échoué dans sa tentative de déposer par les armes le président Carlos Andres Perez. Six ans après ce putsch raté, dont deux en prison, Chavez avait pris le pouvoir par les urnes.

Dans la caserne, surmontée de l'inscription "4F" en commémoration du coup militaire du 4 février 1992 qui marque la naissance politique de Chavez, son successeur par intérim et qui compte bien le rester, M. Maduro a déclaré s'adressant à lui : "Nous promettons de vous être loyal dans cette vie et nous vous amenons à votre poste de commandement pour que vous y reposiez chrétiennement comme chef et commandant en chef des forces armées vénézuéliennes".