Une manifestation à hauts risques, à l'appel du principal groupe de supporters du SC Bastia, s'est déroulée ce samedi après-midi à Bastia, en soutien à un jeune supporter grièvement blessé il y a une semaine dans des heurts avec la police, à Reims. Des "engins explosifs de forte intensité" avaient été découverts peu avant le début de la manifestation aux abord de la préfecture, a annoncé le préfet de Haute-Corse.

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Le cortège de la manifestation a demarré vers 14h30 au Palais de justice pour se rendre à la préfecture de Haute-Corse par le boulevard Paoli, la principale artère du centre de Bastia. Plusieurs centaines de CRS et gendarmes mobiles étaient déployés et le dispositif de sécurité avait été renforcé par des policiers venus de Marseille et Nice.

"Risques avérés de dérapages et d'affrontements"

Dans la soirée du vendredi 19 février, le président nationaliste de l'exécutif de la Collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, a mis en garde contre "des risques avérés de dérapages et d'affrontements" lors de cette manifestation organisée par la principale association de supporters du club de football, Bastia 1905. "Il faut absolument désamorcer cette logique de confrontation qui est un piège", a poursuivi Gilles Simeoni, souhaitant que la manifestation à laquelle il ne participera pas "se déroule dans le calme et la dignité".

"Nous insistons encore une fois sur notre volonté d'apaisement (...). Ne laissons pas à nos ennemis la moindre opportunité de nous salir", ont déclaré pour leur part sur Facebook les membres de Bastia 1905, qui réclame une enquête "totalement impartiale" sur "l'agression" de Maxime Beux, le supporter qui a perdu un oeil le 13 novembre à Reims, la levée des poursuites visant les autres supporters du club interpellés en Champagne et la démission du ministre de l'Intérieur et du procureur de Reims.

Scènes de guérillas urbaines

Depuis les incidents du 13 février à Reims, dont les circonstances restent floues et qui ont motivé l'ouverture d'une information judiciaire et la saisine de l'Inspection générale de la police nationale, la tension n'est pas retombée en Corse, où les incidents parfois violents se sont multipliés, sans toutefois faire de victime. La manifestation d'aujourd'hui n'a provoqué aucun incident ni aucun affrontement avec les forces de l'ordre. Les manifestants se sont dispersé dans le calme en fin d'après-midi.

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Le contexte corse est aussi marqué par la crispation entre Paris et les dirigeants nationalistes arrivés au pouvoir à la faveur d'une victoire historique lors des élections territoriales de décembre, la manifestation de samedi fait craindre des débordements d'éléments incontrôlés. A la différence des grandes manifestations nationalistes des années 1980-90, strictement encadrées par des organisations politico-militaires, des groupes de jeunes gens très mobiles et déterminés affrontent désormais les forces de l'ordre dans de véritables scènes de guerilla urbaine en fin de défilé.

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