Le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a ses têtes turcs et les a répertoriées. Dans son local, nombre de photos de personnalités politiques, de journalistes ou d'intellectuels, de droite surtout, sont placardées sur un mur. C'est le site Atlantico qui révèle l'information, vidéo à l'appui, expliquant que la découverte aurait été faite par un magistrat apolitique qui accompagnait l'un de ses collègue au siège du SM à Paris.

Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et les autres

Dans la salle principale du local syndical, le panneau intitulé "Murs des cons", regroupe donc de nombreuses images. En tête d'affiche, Nicolas Sarkozy mais aussi ses anciens ministres : Eric Woerth, Nadine Morano, François Baroin, Luc Chatel, Michèle Alliot-Marie, Eric Besson ou même Bernard Laporte. Sans oublier d'autres membres éminents de l'UMP comme Christian Jacob et Patrick Balkany. Parmi ces personnages, certains sont distingués par un autocollant du Front National, à l'image de l'ancien ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, appelé aussi "L'homme de Vichy".

Même s'ils trustent les places d'honneur, les politiques ne sont pas seuls sur ce "Mur des cons". On y retrouve des intellectuels, tels que Alain Finkelkraut, Jacques Attali, Alain Minc, Guy Sorman ou Alexandre Adler. Mais aussi des journalistes comme Eric Zemmour, Etienne Mougeotte, Patrick Le Lay, Yves Thréard, Béatrice Schoenberg et même David Pujadas.

Les images le montrent, la liste est loin d'être exhaustive. Selon Atlantico, elle serait même évolutive. "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà", précise une affichette placée à côté des photos et visible en début de vidéo.

Tableau de chasse ? 

A la vue des images, difficile de croire à une simple plaisanterie entre membres du syndicat, surtout quand elles diffament et injurient clairement ceux qui sont placardés sur le tableau. Des notions avec lesquelles l'ensemble de la magistrature ne badine pas comme en atteste la convocation d'Henri Guaino pour ses propos sur le juge Gentil, après la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" dans le cadre de l'affaire Bettencourt.

Epinglés sur le tableau, certaines personnalités l'ont aussi été par la justice comme Brice Hortefeux, condamné par 17e chambre correctionnelle pour une plaisanterie jugée "xénophone" (il a ensuite été relaxé en appel. Les juges ont souligné l'erreur d'analyse du premier jugement) . Idem pour Eric Zemmour condamné pour "provocation à la discrimination raciale".

A juste titre ou non, Atlantico se demande si ce "Mur des cons" ne constitue pas un tableau de chasse réunissant les personnalités ayant eu affaire à la justice et celles qui devront bientôt lui faire face. Au-delà, de cette question c'est surtout le problème de l'impartialité de la justice que pose cette affaire, alors que le Syndicat de la Magistrature s'était positionné contre Nicolas Sarkozy, lors de l'élection présidentielle de 2012.