► La Syrie contre les rebelles et Daech
La guerre en Syrie a débuté en 2011 quand le régime du président syrien a réprimé dans le sang des manifestations pacifiques réclamant davantage de démocratie. Quatre ans plus tard, le conflit – qui a fait plus de 260.000 morts et poussé des millions de personnes à l’exode – s’enlise, et l’armée de Bachar al Assad continue de bombarder ceux qu’elles considèrent comme des terroristes. Barils d’explosifs, armes chimiques (gaz sarin, chlore, moutarde...), missiles Scud... le régime inflige depuis des années un déluge de feu sur ses opposants.

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► La coalition arabo-occidentale contre l’EI
La coalition dirigée par les Etats-Unis comprend les principales armées européennes, l'Australie, le Canada, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis. Elle frappe depuis l’été 2014 les positions du groupe Etat islamique, ainsi que le Front al Nosra.

► La Russie contre les rebelles syriens et l’Etat islamique
Pour Moscou, une intervention en Syrie a un double intérêt : ce pays constitue le dernier point d'influence dans la région, et lui permet de s'affirmer face aux Etats-Unis. Son aviation est ainsi entrée en action en septembre 2015, officiellement pour frapper des cibles "terroristes". Sauf que ce terme recouvre toute l'opposition armée au régime, ce qu'il a encore affirmé vendredi 26 février. Sur le terrain, très peu de ses frappes ont donc en réalité visé les djihadistes de l'organisation État islamique (EI). Après quasiment six mois de frappes, la Russie estime avoir "renversé la situation" et permis au régime de Damas, en difficulté en 2015, de reconquérir des points dans l'ouest, le sud, et surtout le nord du pays.

► La Turquie contre les forces kurdes de Syrie
Depuis plusieurs jours, Ankara bombarde depuis sa frontière des positions des milices kurdes syriennes dans le nord du pays. Cible visée : les Unités de protection du peuple (YPG), qui constituent le premier allié sur le terrain de la coalition occidentale contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Ces YPG forment la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD), le groupe à majorité kurde qui domine actuellement une partie du nord de la Syrie, le Kurdistan syrien connu sous le nom de Rojava. Ce PYD joue lui-même un rôle diplomatique complexe : il est membre du Conseil démocratique syrien (CDS), une formation kurdo-arabe opposée au régime de Bachard Al-Assad. Mais c’est aussi une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc, ennemi juré d’Ankara et classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne.

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► Et la France dans tout ça ?
Longtemps l'un des pays les plus hostiles au président Assad, elle a, sous la pression des attentats de 2015, fait de la lutte contre le groupe État islamique sa priorité, et est membre de la coalition anti-EI en Irak et en Syrie. Elle continue néanmoins à réclamer un départ d'Assad à plus ou moins court terme et appuie l'opposition syrienne qui s'est constituée en décembre à Riyad, rassemblant des politiques et des représentants de groupes armés.

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