Quelle mouche a piqué Ségolène Royal, ce dimanche, pour quitter prématurément le plateau du Supplément de Canal + ? La ministre de l’Ecologie, sans pour autant se départir de son sourire, a pris poliment congé du journaliste Ali Baddou après les 7 minutes d'interview qui lui étaient imparties. "Vous ne souhaitez pas rester avec nous jusqu'au bout de l'émission ? C'est votre droit, on vous libère", a répondu le présentateur.

Si Ségolène Royal n'a passé qu'un bref instant sur le plateau, c'est parce qu'elle avait, selon Canal+, d'autres obligations. Elle aurait en effet informé la chaîne "très peu de temps avant l'émission" de son départ précipité. Il n'empêche, poursuit-on sur la chaîne cryptée, la ministre de l'Environnement a été " effectivement agacée"   par un reportage qui lui était consacré, diffusé juste avant son arrivée. Que raconte ce reportage ? Les rivalités, au sein du gouvernement, entre Ségolène Royal et Laurent Fabius - qui a récemment quitté le quai d'Orsay - puis avec Jean-Marc Ayrault, l'ancien Premier ministre qui a pris la place du sortant.

"C'est un peu une caricature"

Il est notamment question de la présidence de la COP 21, que Laurent Fabius souhaitait conserver malgré son départ pour le Conseil constitutionnel, et que Ségolène Royal est parvenue à récupérer après une semaine de tergiversations.

Tendue à son arrivée sur le plateau, la ministre de l’Ecologie a tout de suite pointé sa désapprobation. "C'est un peu une caricature, ce qu'on a vu, sur la politique", lance-t-elle à Ali Baddou. "C'est des petites histoires… Heureusement que ce n'est pas que ça la politique. […] Vous faites un sujet uniquement sur des sujets interpersonnels. La politique déjà n'a pas bonne presse, si on en rajoute sur des caricatures, ce n’est pas comme ça qu'on arrivera à mobiliser les citoyens. Jugez les gens sur leurs résultats."

"Elle ne laisse rien passer"

Ségolène Royal n'aura peut-être pas apprécié, non plus, les commentaires en "off" la présentant, dans ce reportage, comme "la Présidente" - sous-entendu de la Cop 21, mais pas seulement... Une référence à sa candidature manquée à la présidentielle de 2007 ? A son passé (privé) commun avec François Hollande ? En tout cas, la ministre est présentée comme celle "qui ne laisse rien passer" et qui pourrait faire de Jean-Marc Ayrault "le prochain sur sa liste". Un profil de mante religieuse qui n'a peut-être pas franchement plu à la numéro 3 du gouvernement.

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