Ceux qui regrettent la fin des heures de débats animés sur le mariage pour tous (#DirectAN) se régaleront de cette séquence (voir ci-dessous). Mardi soir, les députés examinaient la réforme des conseillers territoriaux. Mais au moment de voter l'article 1 du projet de loi, avant la pause du dîner, les socialistes s'aperçoivent qu'ils sont minoritaires sur les bancs de l'hémicycle. A la demande du président de la commission des lois, Jean-Jacques Urvoas (PS), la vice-présidente de l'Assemblée Laurence Dumont (PS) suspend donc la séance pour laisser la majorité battre le rappel de ses troupes.

Le procédé déclenche aussitôt une bronca de l'opposition. "Ils sont où, ils sont où les socialistes!", crient les élus UMP. Et de scander : "On veut voter! on veut voter!". A la reprise de séance, le chahut se poursuit, les députés UMP entonnant l'hymne national en signe de protestation. "Votre groupe est incapable de se mobiliser sur ce sujet", accuse le président du groupe UMP Christian Jacob.

Eviter le couac Hadopi

Le chef de file de l'UMP aurait-il la mémoire courte ? En avril 2009, c'est la droite qui s'était trouvée dans cette situation, ses élus ne s'étant pas assez mobilisés sur le projet Hadopi. Coup de théâtre à l'assemblée : le texte de la majorité avait été rejeté ! C'est précisément ce type de mésaventure que le groupe PS a voulu éviter mardi soir.

Après cet incident de séance, une Conférence des présidents (rassemblant notamment les chefs de file des groupes politiques) a réaffirmé ce principe : "Ce n'est que lorsque le président de séance a prononcé la phrase 'nous allons procéder au vote' que les suspensions sont interdites". Cette question doit toutefois être de nouveau abordée par un groupe de travail consacré au fonctionnement de l'Assemblée, dont la première réunion aura justement lieu mercredi.

Sur le fond, les députés ont voté le changement de nom du conseil général et des conseillers généraux en "conseil départemental" et "conseillers départementaux". Ils ont ensuite entamé l'examen de l'article 2 du texte, qui instaure un scrutin mixte - deux conseillers départementaux par canton : un homme, une femme - pour les élections départementales. Le débat doit reprendre mercredi en fin d'après-midi.