Il va devoir partir en campagne. Fort d'avoir obtenu ce vendredi à Bruxelles le "statut spécial" qu'il réclamait pour le Royaume-Uni, David Cameron s'attelle désormais au plus dur : convaincre les Britanniques de voter en faveur du maintien dans l'UE lors d'un référendum à venir. Mais rien n'est joué d'avance.

"Je ferai campagne avec tout mon cœur et toute mon âme pour persuader le peuple britannique de rester dans l'Union européenne réformée", a martelé David Cameron. De retour à Londres, le dirigeant va présider samedi matin un conseil des ministres exceptionnel, qui doit annoncer la date du référendum.

53% des Britanniques pour le "out"

Les Britanniques seront appelés aux urnes le 23 juin pour se prononcer pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, a confirmé le Premier ministre. Mais la partie s'annonce très délicate car les Britanniques sont très divisés sur la question : avec 53%, les partisans d'une sortie de l'UE devançaient en janvier ceux d'un maintien (47%), selon un sondage de l'institut Survation.

Le dirigeant va devoir mener "une lutte acharnée" pour convaincre ses compatriotes, a prévenu le quotidien The Times, affichant son scepticisme face à l'accord obtenu comme la plupart des titres de la presse britannique ce samedi. L'éditorialiste du Times, média conservateur, a par ailleurs écrit : "On savait que, du pays du chocolat, David Cameron ramènerait du caramel". Même son de cloche pour le Daily Telegraph, qui rapporte : "Maigres gains (...) Les Britanniques vont se regarder et se demander : "C'est tout?"".

Conservateurs, travaillistes, eurosceptiques

Dans le camp politique, la tâche s'annonce tout aussi ardue. Le parti eurosceptique Ukip, 3e force politique du pays (mais ne disposant que d'un siège au Parlement) et vainqueur des élections européennes en 2014, plaide pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Ukip défend le Brexit au nom de la protection des frontières et se montre hostile à l'arrivée de migrants sur le sol britannique. Il a réuni plusieurs mouvements eurosceptiques sous la bannière du groupe "Leave.eu".

Au sein de sa propre majorité, David Cameron va ramer pour rassembler : le Parti conservateur est divisé depuis que plusieurs d'entre eux ont créé en juin 2015 "Conservatives for Britain", regroupant des parlementaires europhobes. Son ministre de la Justice, Michael Gove, a d'ores et déjà annoncé sa volonté de faire campagne pour une sortie de l'UE.

Du côté des travaillistes aussi, des voix défendent une sortie de l'UE. Le mouvement "Vote leave" rallie notamment plusieurs membres de ce parti de centre gauche. Enfin, des chefs d'entreprises ont monté le mouvement "Business for Britain", et font campagne depuis un an contre l'UE qu'ils jugent néfaste pour l'activité économique du pays.

EN SAVOIR +
>> Brexit : les principaux points de l'accord
>> Outre le FN, quels sont les partis d'extrême droite en Europe ?
>>
C'est quoi ce "Brexit" qui affole l'Europe ?