L’horreur, en pleine campagne. Un couple a été mis en examen dimanche à Poitiers et écroué, deux jours après la découverte dans la Vienne du corps d'une quinquagénaire. La victime a été séquestrée, torturée et humiliée au quotidien pendant deux mois, dans un drame apparemment lié à une vieille histoire de famille.

Retour sur les faits. Il y a quelques semaines, des habitants de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire, se rendent chez les gendarmes pour signaler l'inquiétante disparition de leur voisine, raconte La Nouvelle République. Claudine Brossard, une femme de 57 ans qui n'a pas de famille et qui vit sous curatelle, n'a pas donné signe de vie depuis le mois de décembre. 

Brûlures, fractures, humiliations

Ce vendredi au petit matin, le corps d'une femme est découvert, gisant dans des vignes à Saint-Léger-de-Montbrillais, dans le nord du département. L'autopsie relève de nombreuses traces de coups, des brûlures et plusieurs fractures. La victime aurait vraisemblablement été achevée par strangulation, sans qu'il soit établi avec certitude si elle est morte avant ou après avoir été transportée là où son corps sans vie a été retrouvé. 

Alors qu'un important dispositif de gendarmerie est déployé, l'enquête avance très vite. Quelques heures à peine après la découverte macabre, un couple est interpellé. Au bout de quelques heures de garde à vue, André Royer, 55 ans, et Marie-Pierre Espinoza, 46 ans, craquent.  Ils y a deux mois, ils ont bien conduit Claudine Brossard, dans des conditions qu'il reste à déterminer, jusqu'à leur domicile à Argenton-L'Eglise, dans les Deux-Sèvres. A partir de là, c'est le déchaînement de violences et d'humiliations quotidiennes. Jusqu'à la mort de leur victime. 

"Différend familial"

Le mobile de ce couple de tortionnaires reste flou. Lors de sa garde à vue, André Royer semble avoir voulu minimiser le rôle de sa compagne, avant de se murer dans le silence devant le juge d'instruction. Marie-Pierre Espinoza, elle, semble avoir été beaucoup plus diserte, indique le procureur adjoint Patrick Mairé, dans une conférence de presse donnée en fin de journée ce dimanche.

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Il pourrait s'agir d'une "vengeance à la suite d'un différend familial" ancien, selon le parquet. Claudine Brossard connaissait bien les suspects, et pour cause : elle avait séjourné en 2004 chez les parents d'André Royer. Les deux suspects ont été mis en examen pour arrestation arbitraire, enlèvement et séquestration suivies de mort, et écroués ce dimanche. Contre l'homme, le juge a également retenu les chefs d' actes de torture et de barbarie de façon habituelle sur personne vulnérable. Tous deux sont passibles de la peine de réclusion à perpétuité.