"Individus recherchés pour une série de cambriolages sur le secteur du Triolo". Cet avis de recherche n'émane pas de la gendarmerie mais de riverains bien décidés à assurer leur "propre sécurité". Des habitants en colère après la recrudescence de vols dans un quartier de Villeneuve-d'Ascq sont en effet passés à l'offensive, révèle ce mercredi La Voix du Nord.

Faisant fi de la présomption d'innocence, ils ont placardé sur les poteaux de la ville, les photos de prétendus voleurs, accompagnées de leurs descriptions physiques. Sur ces affiches, deux jeunes aperçus "rôdant à plusieurs reprises dans le quartier et qui auraient été reconnus sur une vidéosurveillance" après un vol, écrit le quotidien. Les clichés volés ont été pris via le téléphone de passants cambriolés du Triolo alors qu'ils promenaient leur chien.

Les Roms pointés du doigt

Dans leur viseur, la communauté Roms installée à quelques centaines de mètres de là. "Sept cambriolages en un mois dans quatre allées de notre quartier... Combien depuis deux ans et combien encore ? ", est-il écrit sur un tract également distribué dans de nombreuses boîtes aux lettres. Le camp situé près de la Cité scientifique est depuis plusieurs mois dans le collimateur d'élus villeneuvois. Le maire Gérard Caudron en tête, qui demande la limitation du nombre de personnes "de 400 actuellement à 100". L'édile menace même de ne plus siéger à l'exécutif de la communauté urbaine, explique le journal.

"Je les comprends, ils sont arrivés à un tel niveau d'exaspération... Mais il y a des lois. C'est aux autorités de tout faire pour rechercher ces gens-là", a commenté la première adjointe de la ville, Maryvonne Girard qui devait rencontrer les " placardeurs " mardi soir. Une réunion à laquelle la police a été conviée pour demander aux apprentis justiciers de retirer leurs affiches.