La décision était attendue. Ce jeudi 10 mars, Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, a été placé sous la tutelle de sa femme, Rachel Lambert. Un choix de la juge des tutelles de Reims contraire aux réquisitions du procureur, qui avait émis le souhait de voir nommer dans ce rôle un tuteur indépendant, selon France Bleu Champagne-Ardennes qui rapporte l’information.

Alors que depuis de nombreuses années, la famille de Vincent Lambert se déchire sur son sort, c’est donc son épouse, favorable à l’arrêt des soins, qui sera désormais sa représentante légale. Les parents du tétraplégique, quant à eux, se battent pour maintenir leur fils en vie coûte que coûte.

Retour à la case départ

Concrètement, que va changer cette mise sous tutelle ? Est-ce une étape franchie vers l’arrêt de soins de Vincent Lambert ? Pas vraiment. Selon Hadeel Chamson, délégué général de la Fédération nationale des associations tutélaires (FNAT), cette décision "ne change pas grand-chose". Contacté par metronews, il détaille : "Rachel Lambert représente dorénavant les intérêts et les biens de son mari. Ses décisions peuvent entraîner des conséquences financières, notamment. Mais en ce qui concerne une éventuelle décision d’arrêt des soins, le dernier mot reviendra toujours au corps médical. Elle sera consultée, bien sûr, au même titre que les autres proches de Vincent Lambert, mais la décision restera collégiale."

Nouvelle étape d’un marathon judiciaire qui se poursuit depuis des années, cette annonce de la juge des tutelles ne permet donc toujours pas d’entrevoir la fin de l’affaire Vincent Lambert. Au mois d’août 2015, la chef du service des soins palliatifs du centre hospitalier de Reims – où se trouve le tétraplégique – avait préféré s’en remettre à la justice en demandant cette mise sous protection, au lieu de se prononcer sur un éventuel arrêt des soins. Ce jeudi signe un retour à la case départ, car les parents de Vincent Lambert ont fait savoir à France Info qu'ils feraient appel de cette décision.

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