Vladimir Poutine va-t-il rejoindre le Dalaï-Lama, l'Union européenne et Kofi Annan comme lauréats du prix Nobel de la paix ? Si l'idée peut faire sourire, elle semble cependant pertinente aux yeux de certains. Sergei Komkov, président de la fondation russe pour l'éducation a envoyé une lettre au Comité Nobel pour soutenir la candidature du président russe, rapporte le Huffington Post britannique. "En tant que dirigeant d'un des pays leaders de ce monde, il a fait tous les efforts possibles pour maintenir la paix et la tranquillité sur son territoire et a activement contribué à trouver une issue non violente aux conflits apparaissant sur la planète".

Pour Sergei Komkov, ce prix doit être attribué à Vladimir Poutine "qui avec sa proposition de faire surveiller l'arsenal chimique syrien par des forces internationales, vient d'avancer une solution diplomatique apte à apaiser les tensions". Un avis partagé par Kathleen Troia McFarland, analyste de la sécurité nationale pour FoxNews, qui assure dans une tribune publiée mardi que : "le monde sait que Vladimir Poutine est la personne qui mérite ce prix Nobel de la paix. Il a donné une chance à la paix".

En France, une pétition qui pour le moment a recueilli près de 900 signatures, invite Barack Obama a rendre son prix Nobel de la paix reçu en 2009 pour le donner au chef d'Etat russe. Le texte explique que les " 'efforts' d'Obama ne servent aucunement "la paix", mais ne visent qu'à servir les intérêts économiques des USA et à justifier les sommes astronomiques de ses budgets militaires". Avant de suggérer : "nous demandons que ce prix soit attribué à Vladimir Poutine, qui avec sa proposition de faire surveiller l'arsenal chimique syrien par des forces internationales,vient d'avancer une solution diplomatique apte à apaiser les tensions".

Dauphins, cheval et guerre en Tchétchénie

De son côté, le Comité Nobel interrogé par l'agence de presse russe RIA Novosti, a préféré ne pas s'exprimer sur la question. "Je ne peux pas commenter cette information", a expliqué une porte-parole, ajoutant que "les noms des candidats étaient tenus secrets".

Au delà du rôle d'"apaisement" que Komkov attribue à Poutine dans la crise syrienne, l'ex-agent du KGB peut revendiquer être un fervent défenseur et ami des animaux. On se souvient de sa récente sortie à Vladivostok pour nourrir des dauphins, de ses romantiques escapades à cheval à moitié nu, ou encore de ses jeux en plein air avec des chiens. Vladimir Poutine est également un chercheur de trésor de haut vol : il y a deux ans, il avait mis la main sur deux amphores intactes trouvées dans la Mer Noire. D'abord présentées comme vieilles de quinze siècles, Vladimir Poutine avait ensuite dû admettre qu'il s'agissait d'une mise en scène. Ces raisons pourraient-elles pousser le Comité Nobel à lui attribuer le prix ?

Il s'agira de contrebalancer avec les exemples démontant l'image d'un Poutine pacifiste qui, eux, ne manquent pas. Des horreurs qui ont eu lieu lors de la deuxième guerre en Tchétchénie, à la violence commise à l'égard des Femen ou, plus récemment envers les homosexuels et les opposants au pouvoir, le nom du président russe semble difficilement lié au mot paix.