Mise à jour le 16 mars à 16h - L'arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sera prononcé le 30 mars prochain.

Vers un horizon judiciaire plus clément pour le principal suspect du vol de 52 kilos de cocaïne ? L’avocat de Jonathan Guyot, le policier soupçonné d’avoir volé de la drogue dans la salle des saisies du "36 Quai des Orfèvres", demande ce mardi 15 mars à la chambre criminelle de la Cour de cassation d’annuler une partie de la procédure qui met en cause son client, a appris metronews de sources judiciaires. L'audience avait initialement été prévue le 1er mars mais la Cour avait repoussé l'examen de ce dossier. Me Bertrand Burman espère que les procès-verbaux relatifs à l’exploitation des données du téléphone portable de son client ne soient pas retenus par la justice. Le téléphone n’aurait, en effet, été mis sous scellé que 48 heures après la saisie par les enquêteurs. Sollicité par nos soins, l'avocat a indiqué ne pas souhaiter "commenter l’affaire avant l’audience".

Vice de procédure?

Pour le policier de la prestigieuse brigade des stupéfiants (BS), cette étape judiciaire est de taille. En effet, selon Le Parisien, de troublantes annotations dans son téléphone ont été découvertes. Il y aurait écrit le mot "choco", diminutif de "chocolat", qui désigne, dans le langage des trafiquants de la résine de cannabis. Si les juges de la chambre criminelle de la cour de cassation estiment qu’un vice de procédure entache la saisie du téléphone, un élément à charge tomberait et l’accusation serait fragilisée.

En revanche, cela ne permettrait pas pour autant au principal suspect d’être mis hors de cause. D'autant qu'un de ses ex-indicateurs s’est présenté début février dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Ce dernier, qui a été placé en détention provisoire, a avoué que le policier lui avait remis près de 100 kilos de cannabis lors des mois précédents le vol de cocaïne. Des aveux qui s’ajoutent à d’autres témoignages d’anciens collègues, mettant en lumière les "pratiques douteuses" du policier. L’un a raconté qu’il "tapait dans les perquisitions". Un autre qu'il avait été sollicité pour "écouler de la came".

Le suspect nie le vol

Neuf autres personnes sont poursuivies dans l’enquête sur le vol de cocaïne du "36", dont l’épouse de Jonathan Guyot et cinq policiers. D’importantes sommes d’argent en liquide avaient été retrouvées au domicile du policier : 9000 euros chez lui, 16.000 euros dans un de ses sacs à dos. Son propre frère a reconnu en outre avoir récupéré 200.000 euros, entreposés chez un proche de l’ex-brigadier, et les avoir cachés au fond et autour du lac de Créteil.

La drogue volée dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014, d'une valeur de deux millions d'euros à la revente, n'a jamais été retrouvée. L'enquête tentaculaire a révélé une organisation complexe. Jonathan Guyot avait été reconnu par des collègues sur des images de vidéosurveillance à l'entrée et à la sortie de la PJ le soir du vol. L'ex-brigadier, qui a fait une tentative de suicide en prison, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Et notamment être cet homme à la silhouette mince et athlétique capté par les caméras de surveillance.

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